Le communiqué conjoint publié dimanche par Amaury Sport Organisation et la Saudi Motorsport Company met un terme au tracé prévu dans la péninsule arabique. Après sept éditions disputées en Arabie saoudite depuis 2020, les frappes de drones et de missiles houthistes sur les aéroports de Dammam et Riyad rendent impossible la tenue du rallye sur le parcours initialement reconnu. Pour sauver l’édition de janvier 2027 sans subir une année blanche, la direction de course prépare un repli d’urgence vers le Maroc.
Le refus des assurances pour les équipes d’usine
L’annulation du tracé saoudien découle directement d’un blocage contractuel. Les reconnaissances menées par ASO dans le nord du pays début septembre n’ont pas suffi à rassurer les directions générales des constructeurs engagés en catégorie Ultimate.
Le tir de missile du 10 octobre contre les terminaux de Riyad a provoqué le changement d’évaluation du Quai d’Orsay, qui a formellement déconseillé tout déplacement vers les agglomérations de Riyad, Djeddah et Dammam.
Dès cette alerte publiée, les compagnies d’assurance ont suspendu les garanties rapatriement et responsabilité civile couvrant les états-majors et les techniciens d’usine. Si les pilotes privés de la catégorie moto étaient prêts à s’élancer malgré le contexte, les équipes de pointe se sont retrouvées dans l’obligation légale de retirer leurs salariés de la zone. David Castera a dû rapatrier ses équipes d’ouverture qui travaillaient encore autour de Djeddah.
Deux mois pour reconfigurer la logistique maritime
Contrairement à l’édition 2008, annulée à la veille des vérifications techniques à Lisbonne après les menaces terroristes en Mauritanie, l’organisation refuse d’abandonner l’exercice 2027.
Le report d’une semaine de la date du départ, désormais fixé au 9 janvier pour une arrivée le 22 janvier, accorde quelques jours de répit aux équipes logistiques.
Le premier casse-tête concerne le fret des véhicules. Les cargos affrétés par ASO pour charger les autos, camions et motos de course ne mettront pas le cap sur les quais de Yanbu ou de King Abdullah Port en mer Rouge. Les navires seront redirigés vers Tanger ou le port de Nador, réduisant considérablement le temps de mer au départ de Barcelone et de Marseille.
Sur place, le défi technique consiste à écrire le roadbook en huit semaines. Les ouvreurs doivent valider les points GPS et les zones de neutralisation de douze étapes complètes à travers le Haut Atlas, l’Erg Chebbi et les plaines caillouteuses du sud marocain.
Les organisateurs doivent également réserver en urgence les rotations des camions-citernes de kérosène Jet A-1 pour alimenter la flotte d’hélicoptères de sécurité médicale sur chaque bivouac.
Le Maroc comme solution d’attente avant la cinquantième en 2028
Ce retour en Afrique du Nord ne remet pas en cause l’accord commercial de long terme liant le promoteur aux autorités saoudiennes. L’Arabie saoudite et ASO prévoient de relancer l’épreuve dans la péninsule dès 2028, date qui marquera la cinquantième édition du Dakar.
Pour les constructeurs engagés, le terrain marocain évite une saison blanche et offre un banc d’essai mécanique connu. Les suspensions des prototypes T1+ y retrouveront les contraintes de compression sur les cassures de l’Atlas et la surchauffe des transmissions dans les dunes de Merzouga, des pistes que la plupart des écuries de pointe pratiquent chaque automne lors du Rallye du Maroc.
L’info en plus : La base de données GPS du Rallye du Maroc
Si ASO est capable de monter un tracé de rallye-raid en moins de soixante jours, c’est grâce au travail de terrain déjà réalisé pour le Rallye du Maroc. David Castera dirige cette épreuve à travers sa structure ODC Events depuis 2017. Ses équipes d’ouverture disposent déjà des traces électroniques, des autorisations de fréquences radio pour les balises de détresse Iritrack et des protocoles de coopération avec la Gendarmerie royale marocaine, évitant les longs mois d’instruction administrative préalables à toute nouvelle course.
