Catégorie : Editorial

  • Quand l’essence coĂ»tait plus cher qu’aujourd’hui : plongĂ©e dans Tchao Pantin et le vrai pouvoir d’achat des automobilistes

    Quand l’essence coĂ»tait plus cher qu’aujourd’hui : plongĂ©e dans Tchao Pantin et le vrai pouvoir d’achat des automobilistes

    Dans une scĂšne anodine, mais rĂ©vĂ©latrice du film Tchao Pantin (1983), Coluche est pompiste : en arriĂšre-plan, le prix du super est affichĂ© Ă  4,82 francs. À l’heure oĂč le SP95-E10 est Ă  1,809 € le litre dans le mĂȘme quartier, cette image d’archive nous offre une occasion prĂ©cieuse de mesurer l’évolution du pouvoir d’achat automobile. Le prix de l’essence a-t-il vraiment augmentĂ© ? Le conducteur moyen a-t-il perdu en libertĂ© ? En fouillant les archives de l’INSEE et les statistiques de salaires, la rĂ©ponse pourrait surprendre.

    1983 : quand un plein pesait lourd

    Convertir les francs en euros ne suffit pas pour comprendre. En 1983, le litre d’essence super Ă©tait Ă  4,82 francs, soit 0,73 euro. Mais cette simple conversion trahit une rĂ©alitĂ© plus complexe. Car depuis 1983, l’inflation cumulĂ©e est d’environ 184 % selon les indices officiels. Ce qui signifie que ces 0,73 euro de 1983 Ă©quivalent aujourd’hui Ă  2,09 € en euros constants.

    Le litre de SP95-E10 est aujourd’hui vendu 1,809 € dans le mĂȘme quartier parisien. En d’autres termes, le prix rĂ©el de l’essence a baissĂ©.

    Mais cette baisse n’a de sens que si on l’intĂšgre au contexte du pouvoir d’achat. Pour cela, comparons ce que reprĂ©sentait un plein de 50 litres pour un salariĂ© payĂ© au SMIC ou au salaire mĂ©dian.

    SMIC et essence : le duel de toujours

    • En 1983, le SMIC net mensuel avoisinait 2 390 francs, soit 364,40 €. Un plein de 50 litres coĂ»tait alors 241 francs, soit 10,08 % du SMIC.

    • En 2025, avec un SMIC net estimĂ© Ă  1 400 €, le mĂȘme plein coĂ»te 90,45 €, soit 6,46 % du SMIC.

    MĂȘme dynamique du cĂŽtĂ© du salaire mĂ©dian :

    • En 1983, estimĂ© Ă  3 300 francs (503,20 €), un plein coĂ»tait 7,3 % du revenu mĂ©dian.

    • En 2025, pour un salaire mĂ©dian de 1 900 €, le mĂȘme plein revient Ă  4,75 %.

    Dans les deux cas, le coĂ»t du carburant pĂšse bien moins sur les revenus aujourd’hui qu’il y a 40 ans.

    Une libertĂ© d’usage retrouvĂ©e

    À l’époque, une Renault 5 TL affichait une consommation moyenne de 7 Ă  8 litres aux 100 km. Aujourd’hui, une CitroĂ«n C3 ou une Peugeot 208 plafonnent Ă  5 litres, voire moins. Non seulement l’essence coĂ»te moins cher en euros constants, mais les voitures consomment aussi moins, augmentant encore le pouvoir d’achat effectif liĂ© Ă  la mobilitĂ©.

    On pourrait objecter que le coĂ»t d’achat des voitures a explosĂ©, mais il faut rappeler qu’en 1983, la voiture neuve n’était pas une Ă©vidence non plus. En proportion du revenu, une voiture neuve populaire coĂ»tait environ un an de SMIC. C’est encore Ă  peu prĂšs le cas aujourd’hui, selon les modĂšles et les remises.

    Le mirage de la nostalgie

    En 1983, les voitures Ă©taient plus simples, les carburants au plomb, et l’entretien plus frĂ©quent. Le rĂȘve d’indĂ©pendance automobile se heurtait alors Ă  une rĂ©alitĂ© bien plus coĂ»teuse en proportion. Les stations-service Ă©taient omniprĂ©sentes, mais le plein reprĂ©sentait un vrai sacrifice financier.

    Aujourd’hui, les prix Ă  la pompe font encore rĂ©guliĂšrement la une, mais ils sont trompeurs si on les isole du contexte. En proportion des revenus, rouler coĂ»te moins cher qu’avant. Et si les dĂ©bats sur la voiture Ă©lectrique, les taxes ou les ZFE monopolisent l’actualitĂ©, il faut parfois se tourner vers le passĂ© pour relativiser. L’automobiliste des annĂ©es 1980, entre carburant plombĂ©, freinage alĂ©atoire et corrosion accĂ©lĂ©rĂ©e, n’avait pas vraiment plus de libertĂ© que celui de 2025.

    Tchao fantasmes ?

    Tchao Pantin, au-delĂ  de sa portĂ©e sociale, tĂ©moigne aussi d’un monde disparu : celui de la pompe Ă  essence de quartier, du litre Ă  moins de 5 francs
 et d’un Paris oĂč la voiture restait le refuge des solitaires. Aujourd’hui, la rĂ©alitĂ© est plus nuancĂ©e. Le prix affichĂ© n’est pas toute l’histoire. Le vrai indicateur, c’est ce qu’il reste dans la poche une fois le plein fait.

    Et Ă  ce petit jeu, les chiffres sont formels : l’automobiliste d’aujourd’hui est plus libre qu’hier. Peut-ĂȘtre pas dans sa tĂȘte. Mais certainement dans son porte-monnaie.

  • La BMW 323i et les records qui ont lancĂ© Rimac

    La BMW 323i et les records qui ont lancé Rimac

    A 18 ans, Mate Rimac fait l’acquisition d’une BMW 323i passablement lessivĂ©e datant de 1984 pour participer Ă  quelques courses d’accĂ©lĂ©ration et de drift. A ce moment-lĂ , il ne s’imagine pas que sa vie va autant changer avec cette SĂ©rie 3.

    Sans surprise, le moteur lĂąche assez rapidement. L’idĂ©e est alors de remplacer le 6 en ligne par un V8, toujours bavarois. Mais l’argent manque et c’est la fibre locale qui va lui ouvrir de nouveaux horizons.

    Né en Croatie, Nikola Tesla est un héros national. Le lien est établi : pourquoi ne pas installer un moteur électrique emprunté sur un chariot élévateur pour continuer de faire rouler la 323.

    « Il y a douze ans, les voitures Ă©lectriques Ă©taient une blague, faites pour des gens qui n’aimaient pas les voitures », se rappelle Rimac. « On appelait notre voiture la machine Ă  laver. »

    Mais la « nouvelle » BMW Ă©tait rapide et elle est devenue encore plus rapide. Avec l’appui de son entourage, Rimac a créé sept Ă©volutions, jusqu’à dĂ©crocher une sĂ©rie de records FIA et Guinness.

    « Il y a eu des incendies et des explosions », continue-t-il. « Je crois que j’ai dĂ» me prendre une bonne centaine de vrais coups de jus quand j’ai construit cette voiture. Le moteur du chariot devait dĂ©velopper 5 chevaux. Mais on a pu en tirer 500 sur un temps rĂ©duit. J’ai vite appris combien de temps je pouvais accĂ©lĂ©rer Ă  fond avant de tout cramer. »

    La BMW est restĂ©e fameuse chez Rimac Automobili. « L’un de nos gars l’a crashĂ©e il y a quelques annĂ©es et je n’ai pas encore eu le temps de la rĂ©parer. »

  • Une voiture peut-elle ĂȘtre vĂ©gane ?

    Une voiture peut-elle ĂȘtre vĂ©gane ?

    Cherchant davantage Ă  rĂ©duire les coĂ»ts qu’autre chose, certains constructeurs commencent Ă  multiplier les communications autour de piĂšces vĂ©ganes dans leur modĂšle, en lieu et place du cuir historique de provenance animale. Encore du bullshit ?

    Le vĂ©ganisme est en plein essor. La vie Ă  base de plantes est considĂ©rĂ©e comme une maniĂšre plus durable de prendre soin de la planĂšte. Point positif : l’origine des matĂ©riaux utilisĂ©s dans les produits de tous les jours suscite plus d’intĂ©rĂȘt que jamais.

    Mais comment l’automobile gĂšre-t-elle cette question. Premier Ă©lĂ©ment rĂ©glementaire : aucun animal ne peut ĂȘtre tuĂ© pour sa peau, c’est la loi. Le cuir naturel prĂ©sent dans les voitures provient d’élevages de viande. Et pour rĂ©sumer simplement, plus le cuir est beau et fait de larges piĂšces, plus on peut penser que la bĂȘte a bien vĂ©cu, en extĂ©rieur et avec un minimum de contraintes. Mais pour les vĂ©ganes, mĂȘme ce recyclage sous forme d’upcycling reste intolĂ©rable.

    Une voiture peut-elle ĂȘtre vĂ©gane ?

    Non, rĂ©pond The Vegan Society. Cet organisme s’est intĂ©ressĂ© au sujet et la conclusion est sans appel. Au-delĂ  des matiĂšres utilisĂ©es dans l’habitacle, l’acier du chĂąssis peut recevoir de la graisse animale lors de la lubrification et les pneumatiques sont vulcanisĂ©s avec d’autres formes de graisses.

    Aux États-Unis, PETA a Ă©tabli une liste de modĂšles aux intĂ©rieurs vĂ©ganes, c’est-Ă -dire sans cuir sur les siĂšges, le volant ou le levier de commande de boĂźte de vitesses. Sans surprise, cette liste rĂ©pertorie les modĂšles les plus bas de gamme
 Mis Ă  part la Polestar 2.

    Mieux vaut du vrai cuir que des matiÚres transformées (sauf pour les véganes)

    Un vrai vĂ©gane Ă©vitera le cuir naturel. Pourtant, les alternatives sont souvent une ineptie environnementale. One 4 Leather rappelle : « Aucun animal n’est tuĂ© pour votre siĂšge d’auto. Ce cuir est un sous-produit de la viande bovine et de l’élevage laitier, et tant qu’un pourcentage massif de la population mondiale mange de la viande, il y aura toujours des dĂ©chets qui pourront ĂȘtre mis Ă  profit. »

    Ce cuir, aussi beau soit-il, est d’abord un dĂ©chet qu’il convient d’utiliser au mieux au lieu de produire une matiĂšre supplĂ©mentaire. Car, dans ce cas, le « cuir » vegan (qui n’est pas du cuir) est trĂšs souvent fabriquĂ© Ă  partir de matiĂšres plastiques
 Donc issu du raffinage du pĂ©trole.

     

  • Des promesses, toujours des promesses


    Des promesses, toujours des promesses


    La fin du mois d’aoĂ»t est toujours propices Ă  prendre de bonnes rĂ©solutions, tout du moins Ă  les imaginer. Mon coup de folie du moment est d’acheter une voiture neuve !

    Nissan Qashqai a dĂ©passĂ© ses 80 000 kilomĂštres parcourus en un peu plus de six annĂ©es. J’ai une envie de nouveautĂ©. Comme mon entreprise d’acceptabilitĂ© du Renault Avantime n’a pas atteint son objectif, il faut se rabattre sur une option diffĂ©rente. Au cƓur d’un parc de bientĂŽt quatre vĂ©hicules, le Qashqai est le modĂšle « familial ». Il faut donc une carrosserie Ă©quivalente. Mais je suis usĂ© de la conduite des SUV. Dilemme


    Comme une grande berline des annĂ©es 1990 va faire son entrĂ©e dans l’écurie, je cherche autre chose. J’ai d’abord pensĂ© Ă  une BMW SĂ©rie 3 Touring
 Mais je ne passe pas le cap de l’achat d’un Qashqai neuf en 2011 Ă  20 000 euros Ă  un remplacement par un modĂšle deux fois et demi plus cher. Sorte de barriĂšre psychologique. Je ne suis pas encore tout Ă  fait prĂȘt Ă  acheter une voiture personnelle Ă  50 000 euros.

     

    Seconde envie : Mazda CX-3. SUV oui, mais SUV dans lequel on est assis trĂšs bas. J’ai passĂ© l’hiver Ă  son volant, il est parfait dans toutes les conditions
 Moteur, boĂźte, esprit (c’est trĂšs important l’esprit !). Mais l’espace Ă  bord et le coffre sont un peu trop Ă©troits pour emporter toute la famille lorsque nous partons nous installer Ă  l’autre bout du pays. CrĂšve-cƓur, car le Mazda CX-3 aurait vraiment Ă©tĂ© parfait. CX-5 ? Vraiment trop SUV pour me plaire en ce moment.

    Cette semaine, j’ai creusĂ©. J’ai cherchĂ© ce que je voulais : un modĂšle un peu spacieux, mais plus petit que le Qashqai, clair, colorĂ©, petit moteur essence, boĂźte automatique, rĂ©gulateur de vitesse, phares et essuie-glace automatiques, toit panoramique, un minimum de connectivitĂ©, entre 20 et 25 000 euros. J’ai secouĂ© le tout et j’ai sorti un CitroĂ«n C4 Cactus ! Toute la famille est conquise, je le teste dĂ©but septembre
 À lui de se montrer sous son meilleur jour.

    Hier soir, patatras
 Volkswagen dĂ©voile T-Roc. Sept centimĂštres de plus qu’un Cactus, mais toujours dix de moins que le Qashqai, une sacrĂ©e ligne, de belles teintes lors de la prĂ©sentation, l’assurance d’avoir un moteur TSI et une boĂźte DSG au top, mĂȘme chose pour les diffĂ©rents Ă©quipements
 Et ? Et fin de la prĂ©sentation, rentrez chez vous.

    Depuis des annĂ©es, l’industrie automobile nous promet d’apprendre les leçons des univers numĂ©riques. Mais la transition est encore bien loin d’ĂȘtre acquise. Imaginez qu’Apple prĂ©sente un nouveau MacBook Pro sans le mettre en vente dans l’heure ? Ce fut le cas encore l’an passĂ© et j’ai passĂ© ma commande Ă  la fin de la prĂ©sentation
 MĂȘme chose quand j’ai achetĂ© mon Samsung Galaxy S8 Plus. PrĂ©sentation en direct, acte d’achat, rĂ©ception deux ou trois semaines plus tard.

    Est-ce que ça existe dans le monde automobile ? Evidemment : Tesla ! Model 3 prĂ©sentĂ©, 115 000 vĂ©hicules commandĂ©s en 24 heures ! Rassurez-vous, ce n’est pas encore tout Ă  fait comparable. Nos 115 000 acheteurs de mars 2016, devenus un demi-million, ne sont pas encore livrĂ©s.

    Des promesses, toujours des promesses
 MĂȘme si je me rĂ©serve une derniĂšre interrogation : aurais-je vramient envoyĂ© 1 000 euros pour rĂ©server un T-Roc dĂšs hier soir ?

  • J’ai trouvĂ© ma future voiture !

    J’ai trouvĂ© ma future voiture !

    De passage chez un client, j’ai eu Ă  travailler sur un concept bien particulier : l’acceptabilitĂ©. Je dois avouer que je ne me penche pas souvent sur cette notion. Et pourtant, je viens de la recroiser.

    Quand on prĂ©sente un produit bien dĂ©fini, trĂšs en phase avec sa clientĂšle, on pourrait croire qu’il s’approche de la perfection
 Ce n’est qu’en partie vrai. Lorsque l’on cerne aussi bien les attentes de sa cible, on peut – parfois – ĂȘtre rejetĂ© par le reste du panel. Cette notion d’acceptabilitĂ© doit ĂȘtre prise en compte pour ne pas faire peur aux futurs clients.

    Imaginez que vous craquiez pour l’un de ses magnifiques nains de jardin que vous aimez tant… Oseriez-vous le placer devant votre allĂ©e, malgrĂ© le regard inquisiteur de TOUS vos voisins ?

    Et voilà
 Depuis une semaine : je regarde des Laguna CoupĂ© en Ă©tant persuadĂ© que cette silhouette marque notre Ăšre automobile contemporaine. Quelques Ă©changes sur Facebook et me voilĂ  face Ă  l’évidence : ma prochaine voiture sera une Renault, l’Avantime !

    renault-avantime-2002

    J’avais achetĂ© Qashqai pour me rassurer face Ă  l’annonce de l’arrivĂ©e d’un enfant (j’ai achetĂ© une maison aussi
). Un joli petit modĂšle essence, neuf, qui a parcouru moins de 60 000 km en plus de cinq ans. Peut-ĂȘtre qu’il est temps de changer. Un nouveau Qashqai ? Peut-ĂȘtre pas aussi grand
 Parmi les SUV plus petits ? A part le Mazda CX-3 (et en attendant de conduire un CitroĂ«n Cactus ou un Mercedes GLA), rien ne m’a encore conquis.

    Un break ? Une berline ? J’ai toujours eu un faible pour la BMW SĂ©rie 3 Touring
 Mais je ne parviens jamais Ă  me dĂ©cider sous les 45 000 euros. Une voiture plus craquante, un cabriolet
 Une fois encore je m’éloigne du sujet (qui est de remplacer Qashqai) !

    J’ai aussi dans l’idĂ©e de goĂ»ter un peu aux modĂšles moins neufs (je rĂȘvais d’une Giulia)
 Et lĂ , une rĂ©vĂ©lation : Avantime ! C’est tout Ă  fait la voiture qui me ferait sourire en ouvrant la portiĂšre, tout en gardant cette notion d’espace (sans majuscule) pour la famille. On vivra trĂšs bien avec seulement trois portes !

    La crise
 Je suis la cible, je suis conquis. Mais, en face de moi, j’ai le reste du panel : l’Avantime paraüt inacceptable dans le foyer.

    Tu ne vas pas acheter ça ? Non, arrĂȘte !

    Je vous passe les phrases qui ont suivi, je n’Ă©coutais plus vraiment. Mais l’idĂ©e Ă©tait toujours la mĂȘme.

    Nous sommes en mars 2016. Je vais commencer Ă  travailler sur l’acceptabilitĂ© de l’Avantime !

  • Une troisiĂšme bougie !

    Une troisiÚme bougie !

    À l’image des grandes rĂ©dactions, il est temps de faire un petit Ă©dito pour cĂ©lĂ©brer le troisiĂšme anniversaire de ce blog baptisĂ© AUTOcult.fr.

    Evidemment, nous pourrions nous fĂ©liciter des audiences qui viennent de battre un nouveau record (comme quasiment chaque mois) avec l’objectif d’atteindre rapidement 100 000 VU par mois. Mais j’ai fait la promesse de ne communiquer qu’à partir de 3 000 000 de pages vues mensuelles. Evidemment, nous pourrions en faire des tonnes au sujet du Trust Rank dont Google nous gratifie. Mais ça ne peut intĂ©resser que les professionnels.

    Mais alors, ça va servir à quoi cet édito ?

    À rien ! Et c’est parce qu’AUTOcult.fr est un jeu que nous allons continuer Ă  jouer. Jouer comme des professionnels, car Jean-Charles et moi allons bientĂŽt vous prĂ©senter de nouvelles idĂ©es, de nouveaux projets portĂ©s par les structures AUTOcult et Gruppetto Media.

  • Trois ans plus tard, certains ont appris le mĂ©tier

    Trois ans plus tard, certains ont appris le métier

    Une information a remuĂ© les internets cette semaine. Linda Jackson, nouvelle patronne de CitroĂ«n, a annoncĂ© l’arrĂȘt de la suspension hydropneumatique Ă  l’occasion de son passage Ă  Francfort. L’information date pourtant de 2012 !

    2012, lors de l’entrĂ©e au capital de PSA Peugeot CitroĂ«n par General Motors, une sĂ©rie de mesures est prise pour retrouver le chemin de la rentabilitĂ©. Parmi ces dĂ©cisions, il y a celle de mettre un terme Ă  la prĂ©sence de la fameuse suspension hydropneumatique dans le haut de gamme CitroĂ«n.

    La situation paraissait inĂ©luctable Ă  l’époque. La C6 n’allait pas ĂȘtre remplacĂ©e et la C5 avait dĂ©jĂ  cĂ©dĂ© Ă  la double proposition : hydropneumatique contre ressorts en acier.

    Note : il y a toujours des C6 à Francfort, autant qu’à Strasbourg, Toulouse, Morteau


    Les CitroĂ«nistes avaient vu le coup venir. « Ces C5 Ă  ressorts de Peugeot » n’étaient que la derniĂšre Ă©tape avant la disparition de cet organe historique du double chevron. Les C5 ressorts acier Ă©taient moins chĂšres, diffĂ©remment positionnĂ©es dans la gamme et, aussi, plus vendues.

    Facile alors que présenter un PowerPoint accablant : 79 % des Citroën C5 livrées dans le monde en 2013 étaient équipées de suspensions traditionnelles (chez les autres constructeurs). Fermez le ban !

    La sĂ©rie de dĂ©cisions prises pour sauver le groupe n’a pas eu l’écho mĂ©ritĂ©. Les CitroĂ«nistes ont bien lancĂ© une pĂ©tition en 2013 pour sauver leur suspension hydropneumatique
 Mais rien de plus. Rien non plus lorsque Dongfeng et l’État français ont remplacĂ© General Motors. Carlos Tavares avait annoncĂ© son intention de rĂ©duire les gammes et de couper les investissements de recherche et dĂ©veloppement. Fini la RCZ et le trĂšs prometteur HybridAir !

    Pire, les autres constructeurs ont travaillĂ© sur le sujet pour sortir des technologies mĂȘlant ces soupirs Ă  des contrĂŽles Ă©lectroniques. Un nouveau must. Et que dire que DongFeng qui a rĂ©cupĂ©rĂ© le savoir-faire pour proposer la suspension hydropneumatique sur ses voitures vendues en Chine ? J’en avais fait un article en 2014.

    linda-jackson

    Alors, lorsque Linda Jackson est interrogĂ©e sur ce qui est dĂ©sormais de son ressort (!), elle ne fait que confirmer une dĂ©cision prise alors qu’elle Ă©tait Directrice gĂ©nĂ©rale de CitroĂ«n Grande-Bretagne et Irlande. Et « l’info » (re)fait le tour de la toile.

    Mettons-nous Ă  la place de quelques dĂ©cisionnaires de PSA Peugeot CitroĂ«n. Si une info qui va fĂȘter son troisiĂšme anniversaire est dĂ©couverte aujourd’hui, c’est qu’elle n’a pas Ă©mu beaucoup de gens auparavant. Ce n’est peut-ĂȘtre qu’un feu de paille.

    Dans un monde qui met en avant les influenceurs, on peut imaginer qu’ils Ă©taient au repos depuis 2012 ou qu’ils soutiennent la dĂ©cision du groupe français (ou qu’ils n’existent pas). Et qu’aujourd’hui, ces soit-disant influenceurs ressemblent davantage Ă  des ersatz de buzzfeed, prĂȘts Ă  faire un post sur Facebook pour annoncer l’inimaginable : CitroĂ«n arrĂȘte la suspension hydropneumatique : cliquez sur like si vous n’aimez pas !

  • Le dĂ©but ou la fin pour Tesla ?

    Le début ou la fin pour Tesla ?

    Tesla ne vendra pas les 55 000 unitĂ©s prĂ©vues cette annĂ©e
 Est-ce juste un contretemps dans le dĂ©veloppement de la marque californienne ou le premier signal de la fin d’un monopole sur une niche ?

    Sans atteindre les 55 000 voitures vendues en 2015, Tesla revendique une capitalisation boursiÚre supérieure à celle du Groupe Renault et qui représente plus du double de celle de PSA Peugeot Citroën (31 milliards de dollars). Elon Musk a su convaincre les investisseurs avec un produit de haute-technologie, placé sur une niche.

    Il a su montrer les atouts de son entreprise et attirer des dollars par des objectifs rĂ©alistes et prometteurs
 Sauf que cette semaine, il a dĂ» avouer que Tesla ne vendrait pas les 55 000 voitures promises en 2015, avec un nouvel objectif compris entre 50 et 55 000. Les professionnels de la finance apprĂ©cient peu ces nouvelles. De quoi voir s’envoler quelques milliards de cette fameuse et bullesque capitalisation.

    Sans atteindre l’objectif initialement annoncĂ©, Tesla va nĂ©anmoins battre des records de ventes. Et l’arrivĂ©e de nouveaux modĂšles va certainement porter l’engouement. Pourtant, Tesla va devoir faire beaucoup mieux que 55 000 immatriculations pour effacer les trĂšs, trĂšs lourdes pertes liĂ©es aux immenses investissements rĂ©alisĂ©s.

    Car pour jouer sur la niche de la voiture toute Ă©lectrique ultra-performante, Elon Musk a dĂ©pensĂ© presque sans compter. Et le coĂ»t unitaire de chaque vĂ©hicule ne permet pas d’envisager le moindre bĂ©nĂ©fice


    Pire, l’agenda des autres constructeurs est le nouveau dĂ©fi de Tesla. Ces derniĂšres annĂ©es, BMW et Audi en tĂȘte, ont travaillĂ© sur des modĂšles concurrents, prĂȘts Ă  renforcer leur image auprĂšs de clients trĂšs influents. Les deux marques allemandes promettent des SUV Ă©lectriques concurrents du Model X pour 2018. Tesla a donc trois ans pour s’installer et devenir un rival des mastodontes germaniques.

    Est-ce que l’annonce de la construction de la plus grande usine lithium-ion du monde (5 milliards de dollars) dans le Nevada va pousser Elon Musk Ă  intensifier ses efforts autour de Tesla ou le rĂ©cent accident d’un lanceur SpaceX (le vrai grand projet du Sud-Africain) va l’obliger Ă  se concentrer sur son nouveau mĂ©tier principal ?

  • Quelle berline a marquĂ© le dĂ©but de l’étĂ© ?

    Quelle berline a marquĂ© le dĂ©but de l’étĂ© ?

    Trois lancements en quelques jours, trois façons diffĂ©rentes de s’attaquer Ă  un segment qui n’a plus la cĂŽte en France. Alfa Romeo, Audi et Renault ont dĂ©voilĂ© leurs nouvelles berlines qui devraient se retrouver avec un prix d’appel comparable dans quelques petits mois. Trois façons, aussi, de se projeter vers l’avenir.

    Ces trois voitures sont restĂ©es campĂ©es sur leurs roues, sans bouger. Inutile de vouloir comparer les prestations de chaque modĂšle. Ce sont surtout les ambiances et les premiers commentaires autour des nouvelles Alfa Romeo Giulia, Audi A4 et Renault Talisman qui peuvent donner le ton d’une prĂ©sentation rĂ©ussie.

    24 juin – Alfa Romeo Giulia : l’attente Ă©tait trop longue

    À 24 heures de la prĂ©sentation officielle, quelques photos volĂ©es fuitent. Les fans de la marque se dĂ©chainent contre une berline qui leur rappelle trop la concurrence.

    Dans la salle, au moment de la rĂ©vĂ©lation, Alfa Romeo n’a pas tenu compte de ces premiers commentaires. Le discours se veut affirmatif. « Une Alfa doit ĂȘtre diffĂ©rente ! » Autour de la voiture, les rĂ©actions sont pourtant tranchĂ©es. Cette Giulia ressemble Ă  beaucoup d’autres modĂšles de la catĂ©gorie. Des bouts de BMW, d’Audi, d’Infiniti


    Les puristes, qui n’ont pas achetĂ© de berlines neuves badgĂ©es Alfa Romeo depuis quelques annĂ©es, crient Ă  la trahison. Mais que devions-nous attendre ? Ils voulaient une berline italienne, ils ne l’ont pas reconnu dans cette Alfa Romeo Giulia Quadrifolio Verde.

    D’autres ont adorĂ© cette approche directe qui consiste Ă  dĂ©voiler un modĂšle (dont le premier prix devrait ĂȘtre infĂ©rieur Ă  30 000 euros) dans une version folle de 510 chevaux.

    Il convient donc d’attendre la version « 99 grammes » 

    Alfa Romeo a cherchĂ© (et trĂšs rĂ©ussi) Ă  renforcer son image de marque, notamment avec la 4C. DĂ©sormais, on attend des modĂšles toujours plus emblĂ©matiques, oubliant que les Milanais Ă©taient aussi Ă  l’origine des Alfasud, 33, 75, 90
 C’est une habitude, certains se souviendront que l’accueil avait aussi Ă©tĂ© mitigĂ© pour la 156 !

    alfa-romeo-giulia

    29 juin – Audi A4 : toujours la mĂȘme

    Face aux Alfa Romeo et Renault, Audi fait figure de référence. Pas question de révolutionner le concept, il faut asseoir une certaine domination.

    La nouvelle A4, car Audi martĂšle l’idĂ©e que c’est une nouvelle voiture, est plus large, plus longue, plus lĂ©gĂšre, plus technologique, plus tout que la prĂ©cĂ©dente. Tous les codes de la marque, et plus encore ceux de l’A4, sont conservĂ©s.

    RĂ©sultat ? « On tourne en rond cĂŽtĂ© design », c’est ce qui ressort de cette prĂ©sentation sous forme de l’envoi du dossier de presse et de vidĂ©os. Et mĂȘme de petites vannes, « ils n’ont pas copiĂ© l’ancienne A4 pour l’arriĂšre, mais l’A4 de 1994 ! ».

    La filiation qui va si bien aux Audi, et qui fonctionne si bien pour les bons de commande, commence à sérieusement user les médias
 Mais rassure les clients.

    LĂ  oĂč Audi se place plusieurs crans au-dessus de ses concurrentes du mois, c’est sur la prĂ©sentation intĂ©rieure. Dans l’habitacle, il est acquis que l’Allemande ne chasse pas les mĂȘmes clients que les deux autres modĂšles.

    L’envie d’ĂȘtre plus direct se ressent aussi dans la communication autour des diffĂ©rents modĂšles. Sept moteurs et trois boĂźtes de vitesses ont Ă©tĂ© annoncĂ©s. Audi n’était pas lĂ  pour taper dans l’Ɠil, mais surtout pour prĂ©senter son nouveau modĂšle.

    Pour ce non-Ă©vĂ©nement, Audi attend le mois de septembre pour organiser sa prĂ©sentation Ă  la presse. Avant les vacances, il ne fallait qu’occuper tranquillement le terrain.

    audi-a4

    6 juillet – Renault : la grande rĂ©ussite

    Il ne s’était passĂ© que quelques jours aprĂšs la pluie de commentaires acerbes autour de la Giulia et du non-Ă©vĂ©nement qu’avait créé l’A4
 Qu’allait proposer Renault pour passer au travers de cette envie de critiquer ?

    La lente fin de vie de la Laguna et sa faible cote d’amour en version berline avaient considĂ©rablement rĂ©duit les attentes autour de la future berline de Renault.

    Et bien lorsque l’on n’attend pas l’extraordinaire, on se retrouve conquis par un modĂšle qui se place entre une A4 dĂ©jĂ  connue et une Giulia trop QV. Le design a marquĂ© l’assistance par son ambition et son Ă©quilibre.

    Les commentaires ont Ă©tĂ© trĂšs majoritairement positifs, plus que lors des deux prĂ©cĂ©dentes prĂ©sentations
 La Renault n’a souffert qu’en montrant son habitacle. La comparaison avec l’Audi donne un clair avantage Ă  l’A4. Quant Ă  l’Alfa, programmĂ©e pour une sortie plus tardive, elle Ă©tait prĂ©sentĂ©e portiĂšres bien fermĂ©es.

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    Avantage Renault !

    La Renault Talisman n’est pas une meilleure voiture. Mais le rapport entre l’attente gĂ©nĂ©rĂ©e par le nouveau modĂšle et la rĂ©alisation de la prĂ©sentation font que l’opĂ©ration menĂ©e par Renault a pleinement rĂ©ussi, lĂ  oĂč Alfa Romeo a davantage subi l’extraordinaire pression que les mĂ©dias et le public mettent sur la marque. Le design de la nouvelle A4 n’est pas suffisamment « nouveau » pour crĂ©er l’Ă©vĂ©nement. D’ailleurs, la rĂ©vĂ©lation de ce dĂ©but d’Ă©tĂ© trouvera un Ă©cho avec une prĂ©sentation plus classique Ă  Francfort. Les gens heureux n’ont pas d’histoires…

  • Jules, Lucien, Mauro. Bianchi.

    Jules, Lucien, Mauro. Bianchi.

    On avait Ă©changĂ© quelques mots lors d’un vol. En direction de Budapest, c’est sĂ»r, mais je ne me rappelle plus pour quel Ă©vĂšnement. Les World Series by Renault peut ĂȘtre, ou un Grand Prix de F1. Je n’ai plus le souvenir. IntimidĂ©, je t’avais dit quelques mots, tu m’avais rĂ©pondu, et je fus surpris par ta gentillesse, ta discrĂ©tion. Depuis ce jour, j’avais toujours eu un oeil sur toi. Discret, me renseignant de tes rĂ©sultats de temps Ă  autre. Il y a un peu plus d’un an, quasiment Ă  domicile, tu marquais les premiers points de ton Ă©quipe Marussia, Ă  Monaco. Puis il y eut Suzuka.

    C’est ce matin le rĂ©veil en douleur. Ton combat s’est terminĂ© lĂ , Ă  cĂŽtĂ© des tiens, ta famille, tes proches, tes amis, bien loin de ce Japon maudit.

    Je ne peux pas m’empĂȘcher de penser Ă  StĂ©phane Consani. Vous Ă©tiez comme des frĂšres. Je ne peux pas non plus m’empĂȘcher de penser Ă  Lucien Bianchi, pilote que j’admire tant. Gravement blessĂ© lors d’un crash lors du Londres-Sydney 1968, il dĂ©cĂ©dait l’annĂ©e suivante au volant de son Alfa Romeo T33 AutoDelta lors des essais prĂ©liminaires des 24 Heures du Mans. Je ne peux m’empĂȘcher de penser Ă  Mauro Bianchi, frĂšre de Lucien, lui aussi pilote Ă  une Ă©poque oĂč passer de la F1, au rallye, Ă  l’endurance n’Ă©tait pas un souci. Il avait survĂ©cu Ă  un effroyable crash au volant de son Alpine. Il se retirait du sport auto suite au dĂ©cĂšs de son frĂšre en 69.

    Jules, ton nom est partie du sport automobile français, italien et belge. Nous ne t’oublierons pas. RIP.

    Alex a dĂ©jĂ  Ă©crit ce matin au sujet de Jules. Mais ce matin, j’avais besoin d’Ă©crire.

     

     

  • Peugeot de retour au Tour de France ?

    Peugeot de retour au Tour de France ?

    Chez AUTOcult, nous sommes plus proches de l’automobile que du cycle. Ici, je relierai donc ces deux thĂšmes qui sont au final assez proches. Je parlerai ici de partenariat, de marketing sportif, de compĂ©tition, de cyclisme… et d’automobile.

    A l’automne 2014, le couperet est tombĂ©. Le partenariat liant l’Ă©quipe cycliste professionnelle de Jean-RenĂ© Bernaudeau Ă  Europcar, son sponsor titre, est terminĂ© en fin d’annĂ©e 2015. Alors, intĂ©ressĂ© par l’avenir de cette Ă©quipe, je me suis posĂ© la question. Quelle marque, quel groupe, quelle entreprise pourrait investir dans une telle Ă©quipe ?

    Me vient une idée : et si Peugeot revenait au cyclisme ? Et pourquoi Peugeot devrait choisir le cyclisme ? Etude du cas, point par point.

    – car Peugeot, c’est une vĂ©ritable crĂ©dibilitĂ© au sein du peloton : dix Tour de France, trois Tour d’Espagne, six Milan-San Remo, cinq Paris-Roubaix, trois LiĂšge-Bastogne-LiĂšge et bien d’autres. Producteur de cycles depuis les annĂ©es 1880, prĂ©sente en compĂ©tition dĂšs 1892, Peugeot sera au haut niveau du cyclisme jusque 1989, avec un retour de 1995 Ă  1999 avec Festina.

    1963, Peugeot marque l’histoire avec ses cĂ©lĂšbres maillots Ă  damier noir et blanc. Ce motif avait alors Ă©tĂ© prĂ©vu pour mieux passer Ă  la tĂ©lĂ©, alors en noir et blanc. Peugeot fera rouler les cĂ©lĂšbres Eddy Merckx et Bernard ThĂ©venet sous ces couleurs noires et blanches.

    peugeot retour cyclisme damier maillot
    L’Ă©quipe Peugeot BP (annĂ©e?), revĂȘtue du maillot Ă  damier noir et blanc.

     

    peugeot retour cyclisme tour de france
    Peugeot 508 SW, équipe Etixx-Quick Step.

    – car Peugeot est dĂ©jĂ  prĂ©sente en cyclisme professionnel. Avec l’Ă©quipe Etixx-Quickstep, mais ici, il ne s’agit pas d’un engagement de la maison mĂšre Peugeot, mais « juste » de l’investissement de la filiale belge du constructeur. C’est dĂ©jĂ  ça, et ce n’est qu’un exemple : Peugeot fournit d’autres Ă©quipes aux diffĂ©rents niveaux du vĂ©lo.

    – car Skoda est dĂ©jĂ  lĂ . Avec ce placement « cyclisme », Peugeot se mettrait directement face Ă  un de ses concurrents : Skoda. La marque tchĂšque Ă©tant partenaire et fournisseur officielle du Tour de France. Elle est actuellement la marque automobile la plus visible du cyclisme.

    – car le vĂ©lo est green. En ces temps de rĂ©chauffement climatique, de rĂ©duction des Ă©missions de CO2 et de nouvelles façons d’apprĂ©hender la mobilitĂ© et les dĂ©placements, y-a-t-il meilleur moyen de se mouvoir que le vĂ©lo ? Je ne crois pas non.

    – car le cyclisme est Ă  100% en externe. Carlos TavarĂšs est un cost-killer. Il casse les coĂ»ts, rĂ©duit les enveloppes et externalise ses services. D’un point de vue entrepreneurial, un engagement sur une Ă©quipe cycliste lui permettrait une externalisation Ă  quasi 100%. Et Carlos aime ça. Et je ne dis pas que c’est la meilleure des solutions.

    – car le cyclisme n’est pas si cher. Selon L’Equipe, « Avec son budget d’environ 10 millions d’euros, l’Ă©quipe AG2R – La Mondiale a attirĂ© l’Ă©quivalent de 95,3 millions d’euros grĂące Ă  l’exposition mĂ©diatique. » Si 10 millions d’euros est un vrai budget, un investissement, cette somme ne parait pas si Ă©norme pour un constructeur automobile aux vues des retombĂ©es.

    peugeot retour cyclisme 02
    Peugeot 508 SW, équipe Etixx-Quick Step.

    – car malgrĂ© les affaires, le cyclisme est un sport populaire, en France comme dans le monde. Sans parler d’une saison Ă  part entiĂšre, zoomons sur la plus belle la plus grande, la plus prestigieuse des compĂ©titions cyclistes : le Tour de France. Selon les chiffres Boursorama, le Tour, ce n’est pas moins de 12 millions de spectateurs massĂ©s au bord des routes en 2013. C’est aussi un suivi par 85 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision, retransmettant dans 195 pays, dont 60 en direct, avec la Chine, l’Inde, les Etats-Unis, la Nouvelle-ZĂ©lande… Au total, cela reprĂ©sente 3,5 milliards de spectateurs dans le monde, soit la moitiĂ© de la population totale de la planĂšte.

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    Le public massé lors de la deuxiÚme étape du Tour de France, le 6 juillet 2014. Photo : © DPPI MEDIA.

    – car quelle compĂ©tition, quel dĂ©fi peut crĂ©er une telle visibilitĂ© ? Le Mans ? Peugeot s’y est essayĂ©e. Velizy pleure encore. Le Dakar ? Pas aussi populaire. Le WRC ? Idem. La F1, hors de prix. Le foot ? Pas trĂšs fun, Peugeot n’y serait pas que partenaire. L’avantage du cyclisme est que l’Ă©quipe revĂȘtit le nom du sponsor titre.

    Pour conclure, entre son histoire, un investissement limitĂ©, des retombĂ©es extraordinaires et une vraie image de marque, Peugeot reviendrait au cyclisme par la grande porte. Elle en profiterait pour Ă©viter que l’Ă©quipe pour le moment encore appelĂ©e Europcar ne mette la clĂ© sous la porte. Si Jean-RenĂ© Bernaudeau, Thomas Voekler et Pierre Rolland cherchent le mail de Carlos TavarĂšs, ça se trouve. D’ailleurs, cette idĂ©e pourrait aussi s’appliquer Ă  Renault, qui eut une Ă©quipe cycliste de 1978 Ă  1985. L’exemple Peugeot Ă©tant plus criant, l’aspect cycle du lion Ă©tant plus important que pour celui du losange.

  • OĂč va MINI ?

    OĂč va MINI ?

    Hier, coup de tĂ©lĂ©phone depuis Londres. Comme il arrive que je reçoive des coups de tĂ©lĂ©phones « pro » depuis l’étranger, je dĂ©croche. Me voilĂ  parti dans une conversation de 25 minutes au sujet de la rĂ©putation du Groupe Renault


    Je vous passe les dĂ©tails
 Car c’est « confidentiel » ! Mais avec le dĂ©filĂ© des questions, je me rends compte que j’ai insistĂ© sur la rĂ©ussite du Groupe Renault Ă  travers Dacia durant ces dix derniĂšres annĂ©es. Et lorsque l’on m’a demandĂ© ce que Renault devait faire pour l’avenir, j’ai simplement dit : « La mĂȘme chose, mais avec Alpine ! ». Si Alpine suit le succĂšs de Dacia (dans son domaine), tout le Groupe Renault sera portĂ© vers le haut !

    Je cite souvent Dacia parmi les Ă©normes rĂ©ussites rĂ©centes de l’industrie automobile
 Mais ce n’est pas la seule. Penchons-nous sur le cas de MINI.

    Sous la direction de BMW, MINI a Ă©tĂ© ressorti de nulle part en 2001. Le modĂšle emblĂ©matique de Sir Alec Issigonis avait disparu avec le reste de l’industrie britannique aprĂšs des dĂ©cennies d’histoires.

    Aujourd’hui, le MINI allemand est souvent citĂ© en exemple pour la rĂ©ussite du design neo-retro et du dĂ©veloppement d’un concept de marque et de marketing. MINI a participĂ© Ă  la crĂ©ation de la mode de la personnalisation pour augmenter les tarifs de vente. Tout ce que les autres marques cherchent Ă  reproduire.

    cooper-s-mini

    Et pourtant, si BMW ne communique pas sur les rĂ©sultats globaux de MINI, il y a fort Ă  parier que la marque n’a pas fait le moindre bĂ©nĂ©fice sur ces quatorze derniĂšres annĂ©es (un beau clin d’Ɠil Ă  la prĂ©cĂ©dente gĂ©nĂ©ration !). Si l’on compte la totalitĂ© des investissements rĂ©alisĂ©s par BMW depuis que l’idĂ©e a germĂ©, il est fort possible que les Allemands n’aient pas gagnĂ© le moindre euro (ou la moindre livre).

    Et c’est sans doute la raison des rĂ©centes dĂ©cisions : des MINI de plus en plus grosses et des BMW aux seules roues avant motrices. AprĂšs plus d’une dĂ©cennie rĂ©ussie sur le plan commercial, mais sans profit, il Ă©tait temps de donner la main aux financiers, plutĂŽt qu’aux gardiens du temple.

    En ne vendant qu’un peu plus de 300 000 exemplaires, en majoritĂ© des citadines, MINI ne peut pas ĂȘtre profitable en tant que marque autosuffisante. Car mĂȘme si les MINI sont parmi les plus chĂšres du marchĂ©, BMW voudrait que le tarif payĂ© par les clients soit encore supĂ©rieur. C’est la raison pour laquelle les MINI vont devenir de plus en plus maxi dans les annĂ©es Ă  venir. C’est aussi la raison pour laquelle les plus petites BMW vont partager de plus en plus d’élĂ©ments de MINI.

    Histoire de profiter de nouveaux profits…