De père en fils : Les dynasties qui règnent sur les 24 Heures du Mans

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Le paddock des 24 Heures du Mans a toujours été un lieu de transmission, mais l’édition 2026 marque un véritable sommet générationnel. Parmi les engagés, quelques pilotes marchent directement dans les traces de leur père.

Pour s’y retrouver au cœur de ces arbres généalogiques de la vitesse, voici un récapitulatif des faits marquants, des anecdotes de stands et des ambitions de cinq duos père-fils qui font vibrer la Sarthe.

Tableau comparatif des dynasties du Mans

Pilote (Écurie 2026)Catégorie 2026Père (Nombre de départs)Meilleur résultat du père
Jules Gounon (Alpine)HypercarJean-Marc Gounon (12 départs)2e au général (1997 sur McLaren F1 GTR)
Sébastien Bourdais (Cadillac)HypercarPatrick Bourdais (9 départs)Pilote de pointe en Groupe C et Coupes GT
Louis Delétraz (Jota Cadillac)HypercarJean-Denis Delétraz (A couru jusqu’en 2012)Double vainqueur de catégorie (LMP675 en 2001)
Kevin Magnussen (WRT BMW)HypercarJan Magnussen (23 départs)Légende officielle Corvette Racing (4 victoires de classe)
Sebastian Priaulx (Proton Ford)LMGT3Andy Priaulx (6 départs)Double podium en GTE Pro (BMW et Ford)

Les faits marquants par pilote

Jules Gounon : Du nettoyage de visière au baquet de l’Hypercar

  • L’anecdote d’enfance : En 2005, alors âgé de 10 ans, Jules passe sa semaine dans les stands à nettoyer les casques et changer les visières de l’Audi R8 LMP ORECA de son père. C’est en voyant son père s’endormir de fatigue dans leur bungalow de paddock à 3 heures du matin qu’il se jure de devenir pilote au Mans.
  • Le fait marquant : N’ayant pas l’appui financier pour viser la F1, il commence le karting très tard (à près de 16 ans) avant de s’orienter vers l’endurance comme son père. En 2026, il pilote l’Hypercar Alpine avec un objectif clair : battre la 2e place décrochée par Jean-Marc en 1997.

Sébastien Bourdais : Un baquet hérité par sacrifice financier

  • L’anecdote d’enfance : Né à l’hôpital situé juste à côté du virage du Tertre Rouge, Sébastien est un pur Sarthois. Il découvre l’envers du décor en 1993 lorsque son père prend le départ sur une Sauber-BMW C6 de Groupe C.
  • Le fait marquant : En 1999, pour sa première participation, le plan initial était que le père et le fils courent ensemble sur une Porsche 911 GT2. Faute de budgets, Patrick Bourdais choisit de céder son propre baquet à son fils pour lancer sa carrière. Sébastien enchaînera ensuite les succès en monoplace (F1, IndyCar) et en prototype, sans jamais avoir pu partager le volant en course avec son père.

« Mon père voulait que j’aie cette expérience. Il n’a pas pu trouver assez d’argent pour finaliser le projet à deux, alors il m’a tout simplement donné son baquet. » — Sébastien Bourdais

Louis Delétraz : Des souvenirs trempés et des ambitions dorées

  • L’anecdote d’enfance : Son tout premier souvenir du Mans remonte à 2001, lorsqu’il avait 4 ans. Il se rappelle de la carrosserie bleue et verte de la Reynard-ROC de son père sous une pluie battante, et du fait qu’il n’était pas plus haut que les pneus de la voiture.
  • Le fait marquant : Présent lors du dernier départ de son père en 2012 (Gulf Racing), Louis s’était faufilé dans les tribunes principales par pure émotion pour voir la voiture s’élancer. Après plusieurs podiums en LMP2, il pilote désormais pour l’équipe Jota Cadillac en Hypercar avec l’ambition ultime de décrocher la victoire générale au classement scratch, nourrie par ses années d’observation dans le paddock.

Kevin Magnussen : Le rêve ultime du double relais familial

  • L’anecdote d’enfance : Présent sur les circuits dans sa poussette avant son premier anniversaire, Kevin écume les tribunes du Mans en 2003 (à 9 ans) et passe des nuits blanches dans la grande roue de la fête foraine pendant que son père Jan pilote l’Audi R8 du Team Goh.
  • Le fait marquant : Après avoir tenté sans succès de devenir le troisième pilote de son père chez Corvette Racing à cause de ses obligations en F1 (Daytona/Sebring), Kevin réalise enfin son rêve en 2021. Le père et le fils partagent le volant du même prototype Oreca LMP2 (High Class Racing) avant que Jan ne prenne sa retraite sarthoise. En 2026, Kevin roule en Hypercar pour le team WRT BMW.

Sebastian Priaulx : L’école du pragmatisme britannique

  • L’anecdote d’enfance : S’il a vu son père Andy briller avec BMW en 2011, ce sont les années de la formidable épopée des Ford GT d’usine à partir de 2016 qui marquent définitivement le jeune Sebastian au virage de la chicane Dunlop.
  • Le fait marquant : C’est son père qui le pousse à abandonner la monoplace (Formule 4) en 2018, lui expliquant que le GT et l’endurance représentent la meilleure opportunité de faire de sa passion un métier. Un conseil en or : repéré par Multimatic à 18 ans, Sebastian découvre Le Mans à 21 ans. En 2026, il pilote la Ford Mustang GT3 officielle en LMGT3 et s’apprête à débuter les tests du tout nouveau prototype LMDh de Ford pour la catégorie Hypercar de l’année prochaine.