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Publicités cultes : Quand Barilla remet la Formule 1 à la table familiale

À première vue, associer le géant mondial de la pâte sèche aux hurlements des groupes motopropulseurs hybrides relève du grand écart marketing.…

Par Rédaction ◷ 4 min de lecture 6 septembre 2026
Publicités cultes : Quand Barilla remet la Formule 1 à la table familiale
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À première vue, associer le géant mondial de la pâte sèche aux hurlements des groupes motopropulseurs hybrides relève du grand écart marketing. D’un côté, la chaleur feutrée d’un déjeuner dominical en Émilie-Romagne, la nappe à carreaux et le geste séculaire de plonger des spaghettis dans l’eau bouillante. De l’autre, le paddock le plus aseptisé, technologique et impitoyable de la planète. Pourtant, avec sa campagne internationale intitulée « Tastes like family », la maison de Parme ne signe pas un banal contrat de sponsoring d’opportunité. En devenant partenaire officiel de la Formule 1, l’entreprise italienne renoue avec une histoire intime, forgée dans l’odeur de l’huile de ricin et couchée sur les pages de son propre album de famille.

Le pilote en tablier : La parenthèse héroïque de Paolo Barilla

Pour saisir la légitimité émotionnelle de cette offensive publicitaire, il faut remonter le fil du temps jusqu’aux années 1980. Chez les Barilla, la vitesse n’a jamais été une simple lubie de publicitaires. L’actuel vice-président du groupe, Paolo Barilla, fut avant tout un authentique funambule des circuits. Avant de rejoindre l’état-major industriel aux côtés de ses frères Guido et Luca, le cadet de la dynastie s’est taillé une place de choix au panthéon du sport automobile en remportant les 24 Heures du Mans 1985 au volant de la redoutable Porsche 956 de l’écurie Joest Racing, aux côtés de Klaus Ludwig et « John Winter ».

Cette passion dévorante mènera naturellement le jeune Italien aux portes de la catégorie reine. En 1989 et 1990, le nom de la marque s’affiche fièrement sur les flancs des monoplaces de Gian Carlo Minardi. Au volant des M189 et M190 animées par le V8 Cosworth, Paolo dispute une quinzaine de Grands Prix, partageant le garage avec Pierluigi Martini. L’ovale rouge et blanc, jadis sponsor de l’équipe de Faenza, ne relevait pas du placement de produit artificiel : il accompagnait le fils de la maison sur les grilles de départ de Monza, de Suzuka ou de Silverstone, à une époque où le sport conservait encore son âme d’artisanat romantique.

« Tastes like family » : La pasta comme ciment du paddock

La campagne « Tastes like family » s’empare précisément de cette double identité pour dynamiter les poncifs de la réclame sportive moderne. Au lieu d’enfermer le spectateur dans un montage épileptique d’arrêts aux stands et de freinages au millimètre, le film publicitaire choisit le pas de côté de la tendresse et du partage. Il met en scène le contraste saisissant entre la tension millimétrée des garages de course et la simplicité universelle d’une assiette de pâtes préparée à la hâte entre deux séances d’essais qualificatifs.

Le message tape juste : sur les circuits du monde entier, où les équipes vivent à l’année comme des troupes de théâtre nomades, la table reste l’ultime sanctuaire où tombent les hiérarchies. Ingénieurs de télémétrie, mécaniciens aux mains noircies et pilotes vedettes s’y retrouvent pour souffler, débriefer et partager une bouchée réconfortante. En tissant ce parallèle entre la communauté du cirque de la F1 et la famille italienne traditionnelle réunie autour de son plat fétiche, la marque rappelle que la performance ne vaut rien sans la convivialité humaine qui la porte.

L’authenticité historique face au cynisme des logos

Dans un championnat saturé d’opérateurs de cryptomonnaies éphémères, de fonds d’investissement anonymes et de géants de la tech sans racines, le retour de Barilla sur les écrans de la Formule 1 fait l’effet d’une bouffée d’air frais. En convoquant subtilement l’héritage de ses propres héritiers sans sombrer dans l’autocélébration vaniteuse, la marque prouve qu’une grande campagne publicitaire repose toujours sur une part de vérité brute.

Quarante ans après les cavales de Paolo sur la ligne droite des Hunaudières et les batailles en fond de peloton sous les couleurs de Minardi, la boîte bleue n’a rien perdu de sa saveur sur le bitume. Elle démontre que même au cœur du sport le plus impitoyable et sophistiqué du monde, rien ne rassemble plus sûrement les hommes qu’un filet d’huile d’olive, une pincée de sel et le goût rassurant de la maison.

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