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  • Essai Renault Estafette : Gendarmerie Nationale

    Essai Renault Estafette : Gendarmerie Nationale

    Un virage à gauche sur une départementale… En face, la conductrice d’un Renault Scenic me regarde passer avec un air médusé. Derrière, un homme en Kangoo Express fronce les sourcils en décélérant. Ce jour-là, sur les routes des Yvelines, j’en impose !

    À force d’essais, on se rend compte que le véhicule que nous possédons permet de profiter de plus ou moins de « priorités ». Je raconte souvent une anecdote qui m’a marqué : une journée à essayer une Tesla Model S et une Toyota Prius S… Avec l’Américaine, la circulation s’ouvrait devant mon capot. La grande majorité des autres conducteurs préféraient s’arrêter pour regarder passer la fameuse électrique. Après avoir rendu la Model S à Gennevilliers, je me suis directement rendu à Vaucresson pour prendre possession d’une Toyota Prius +, le modèle préféré des taxis habitués des aéroports parisiens. En quelques minutes, en changent de volant, la circulation a largement évolué. Plus personne ne prend le temps de regarder ma voiture. Et si je laisse un écart de 6 mètres avec le véhicule qui me précède, quelqu’un vient irrémédiablement forcer pour prendre inutilement la place. En Tesla Model S, j’avais l’impression d’avoir un véhicule prioritaire. En Toyota Prius +, j’ai le sentiment d’être un conducteur à abattre !

    Cette fois, j’attire encore plus les regards. De l’incompréhension, des sourires… Il faut dire que je suis au volant de l’un des véhicules les plus cultes de l’histoire des routes françaises.

    Il ne me manque qu’un képi pour jouer au maréchal des logis Stricher. A mon passage, les conducteurs d’un certain âge ont un réflexe pavlovien : le pied droit se lève de l’accélérateur ! Pour les plus expérimentés, un bref coup de freins s’y ajoute.

    Je conduis une Renault Estafette bleu nuit, surmonté d’un magnifique gyrophare bleu (chut, ce n’est plus vraiment autorisé)… Sur les flancs, des magnets bleus viennent cacher les lettres blanches « GENDARMERIE ».

    L’Estafette est une révolution chez Renault. Pour la première fois, la Régie Nationale couple un moteur avant à une transmission aux roues avant. L’idée vient d’un jeune ingénieur des Arts- &-Métiers en charge du projet : Guy Grosset-Grange. Nous sommes en 1959 et cette option technique permet d’abaisser le seuil de chargement. Chaque métier, chaque passion y trouve sa version : utilitaire, fourgon, pick-up, camping-car, microcar, publicitaire…

    Un an après la sortie du premier modèle, la Gendarmerie Nationale lance un appel d’offres. Citroën a son HY, Peugeot a son DB4… Mais Renault possède un atout indéniable avec son Estafette Alouette : des banquettes sont dans le sens de la marche. Le contrat durera vingt ans avec une teinte d’abord noire, puis bleue nuit, bleue moyen avant de devenir bleue de France. Le ton sera alors rebaptisé Bleu Gendarmerie.

    Ce Bleu Gendarmerie évoque toujours « la peur du gendarme ». Au volant – et toujours sans képi – il est nécessaire de reprendre ses marques sans direction assistée. Pour le reste, c’est un fourgon d’une tonne à vide avec un moteur quatre cylindres emprunté aux véhicules particuliers. D’abord un 845 cm3 de la Dauphine, puis les 1,1 litre de la R8 et 1,3 litre de la R12 selon les générations. Mais jamais, non jamais, les Estafette Bleu Gendarmerie n’ont eu droit à un moteur gonflé par rapport à la production « normale ». L’histoire a longtemps passionné les foules.

    La conduite est typique des années 1970. Le passage des rapports se fait à partir « d’en bas à gauche » pour la première. Le moteur se fait justement entendre et monte bien en régime et il ne faut pas craindre d’accélérer franchement pour se lancer. L’absence de direction assistée ne rend pas la conduite trop délicate, mais il est nécessaire d’anticiper encore plus que d’habitude. Les courbes et les freinages méritent à chaque fois d’être préparés. Et franchement, s’imaginer faire une course poursuite avec un délinquant au volant d’un tel engin, avec six ou sept collègues sur les sièges, relève de la pure folie !

    Couvé par Renault Classic, cet exemplaire est en parfait état. Seule l’assise du premier passager semble avoir vécu… Juste derrière, la première rangée est équipée d’un pupitre que certains d’entre vous connaissent peut-être. C’est là qu’étaient rédigés les procès-verbaux. Des milliers, des millions de contraventions, d’amendes, de papillons, de PV, de contredenses, de prunes sont venus sanctionner des conducteurs à cet endroit.

    Equivalent aux modèles visibles dans la série du Gendarme de Saint-Tropez, cette Estafette peut accueillir huit personnes avec un espace suffisant pour aligner une nouvelle banquette en quatrième rangée.

    Plus d’infos sur www.renaultclassic.com

  • Exclusive Drive revient du 23 au 25 mars

    Exclusive Drive revient du 23 au 25 mars

    Exclusive Drive revient sur le circuit du Mans pour la sixième édition, les 23, 24 et 25 mars 2018. Véritable centre d’essais géant, l’évènement a reçu la visite de près de 10 000 personnes l’an passé et 950 gentlemen drivers. Plus de 7 000 essais sur piste ou sur route, et des baptêmes ont été organisés.

    Avec ses 35 000 m2 d’exposition, Exclusive Drive est un show permanent en piste avec des voitures modernes, classiques ou de compétition de 9h00 à 21h00, sur 3 jours. Dès aujourd’hui les passionnés, gentlemen ou simples spectateurs peuvent réserver leurs places ou leurs activités en ligne sur www.exclusivedrive.fr !

    Plateforme marketing & presse pour les marques, centre d’essais super size pour les inconditionnels de l’automobile, ou encore pur plaisir de la conduite sportive pour les propriétaires de GT, Exclusive Drive permet d’essayer de belles voitures, dans de bonnes conditions de sécurité, et de tester leurs limites. Mais c’est aussi une exposition de plus de 35 000 m2 avec un accès libre à la Pit Lane, et des activités gratuites pour le grand public.

    40 exposants dont 15 constructeurs proposaient l’an passé les derniers modèles de leurs gammes à l’essai. Plus de 70 modèles étaient présentés sur Exclusive Drive par les différentes marques. De Alfa Romeo, à Porsche en passant par Abarth, Aston Martin, BMW, Caterham, Ford US (American Car City), Jaguar, Lamera Cup, Land Rover, Legends Cars Cup, Lexus, Mini France, Mit Jet 1300, Tesla…

    LES NOUVEAUTES 2018

    Cette année l’accent est mis sur le « sport chic » avec le concours d’élégance ! Organisé le dimanche de 12h à 14h sur la grille de départ, il est ouvert aux propriétaires de GT & anciennes selon une liste d’éligibilité. L’inscription, se fait à l’avance en ligne à partir de 80 €, sur le site de l’évènement. Sur place, un Jury de personnalités et de professionnels attribuera cinq prix récompensés par des lots de qualité, dont un week-end au Byblos de St Tropez, et une soirée au Lido …

    Les amateurs de Drift seront gâtés pour cette sixième édition ! Exclusive Drive propose aux invités & grand public, une découverte du drift pour maitriser la glisse. Enfin, pour ses deux soirées, Exclusive Drive sort le grand jeu en proposant un dîner gourmand et festif, orchestré par un chef étoilé le vendredi et par le chef du Byblos de St Tropez le samedi.

    LES ACTIVITES

    – Essais constructeurs : les constructeurs-exposants proposent à l’essai pour leurs invités & aux personnes intéressées les nouveaux modèles de leurs marques sur la piste du Bugatti ou sur la route. L’inscription se fait sur place, directement auprès des constructeurs, dans la limite des places disponibles.

    – Roulages Gentlemen : les propriétaires de GT ou de classiques peuvent prendre la piste avec leurs propres véhicules sur le circuit Bugatti en choisissant des sessions de roulage de 20 minutes du vendredi au dimanche de 8H à 21H, suivant une liste de véhicules éligibles, à partir de 155€.

    – Découverte de la compétition : pour ceux qui souhaitent découvrir le pilotage compétition, ou tout simplement se faire plaisir avec des émotions fortes … des sessions de roulage au volant de voitures de compétition sont disponibles à partir de 115€.

    – Courses de Karting : les spectateurs, les gentlemen, ou encore les invités des constructeurs peuvent s’inscrire et participer à des courses de karting sur le tracé International Alain Prost. Horaires, infos & réservations en ligne / Sessions à partir de 7 ans.

    – Baptêmes de piste : pour se glisser en passager dans le baquet d’un prototype LM Pescarolo sur le tracé du Bugatti avec aux commandes un pilote professionnel…

    – Compétition de Golf : néophytes ou amateurs pourront participer au tournoi de Golf Exclusive Drive sur le parcours du Golf des 24H du Mans.

    – Animations gratuites : avec le ticket d’entrée de 20€ les spectateurs pourront s’initier à la pétanque chic, au Pit Stop Challenge, au Crazy Kart, au 4X4 (Land Rover Expérience), ou encore au Drift, ou tout simplement visiter l’exposition de voitures mythiques & le village exposants…

     

  • Surprise signée Elon Musk : Tesla Roadster

    Surprise signée Elon Musk : Tesla Roadster

    Elon Musk est un homme plein de ressources. Quand sa marque Tesla aligne les pertes, il annonce de nouveaux projets totalement fous. Pour faire oublier le retard d’un trimestre de la Model 3, voici un tracteur électrique et un nouveau Roadster.

    Après le succès d’estime de la Model S, les retards très conséquents de la Model 3, le gourou de l’automobile californienne vient de dévoiler un tracteur et une nouvelle génération de Roadster. Pourtant, de nombreuses questions restent en suspens… Alors que le multi-patron était attendu sur les problèmes d’industrialisation de sa berline de milieu de gamme et les résultats financiers toujours plus négatifs, Elon Musk a préféré se concentrer sur les performances d’un camion (0 à 100 km/h en 5 secondes ou 20 secondes avec une remorque chargée), avant d’annoncer des chiffres ahurissants autour de son Roadster.

    Un Semi et un Roadster

    La vitesse d’un tel camion est limitée à 90 km/h sur les routes françaises… L’autonomie promise atteint 800 km avec une pause de 30 minutes pour récupérer 640 km. C’est bien loin des performances des camions qui rouleront encore longtemps sur nos routes, mais si 40 exemplaires ont déjà été précommandés. La production devrait débuter en 2019.

    Chez le cabinet d’analyste Cowen, cité par Reuters, l’heure est pourtant à la défiance : « L’événement de la nuit dernière se résume à une liste de courses qu’Elon Musk doit effectuer à un moment où l’entreprise éprouve des difficultés à produire son véhicule de base. »

    Ces objectifs de production ont été repoussés de trois mois, tandis que Cowen chiffre à 20 milliards de dollars les besoins d’investissement futurs de Tesla… Pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars lors du deuxième trimestre 2017.

    La crainte des analystes

    Chez Jefferies, la situation est jugée encore plus sévèrement. « À long terme, nous continuons de penser que l’intensité capitalistique du modèle de Tesla produira un retour sur investissement inférieur à celui des meilleurs constructeurs automobiles. »

    Et pourtant, les marchés suivent. La dernière émission d’actions obligataires a permis de rassembler 1,8 millions de dollars sans peine et l’action a pris 40 % depuis le début de l’année.

    L’aura d’Elon Musk fait fonctionner la boutique. Face à son Roadster présenté par surprise, il a lâché quelques chiffres d’un autre monde : coupé 4 places, toit Targa, une batterie de 200 kWh (!!!) pour une autonomie de 997 km sur un cycle d’homologation plus contraignant que celui utilisé en Europe.

    Trois moteurs électriques entrainent les quatre roues pour un 0 à 100 km/h en 1,9 seconde et 400 km/h en vitesse de pointe.

    La commercialisation est programmée pour 2020 avec un tarif de base à 200 000 dollars. Les précommandes sont ouvertes contre un virement de 50 000 dollars. Si, vraiment, Tesla met sur le marché ce Roadster de 200 kWh en 2020 à 200 000 euros, le 0 à 100 km/h en moins de 2 secondes et une vitesse de pointe à 400 km/h, tout en ayant produit toutes les Model 3 commandées et avec le Tesla Semi sur les routes, quelque chose aura changé dans l’industrie automobile.

  • Espoir Echappement 2017 : votez Karl Pinheiro !

    Espoir Echappement 2017 : votez Karl Pinheiro !

    2017 est l’année d’élection de jeunes talents promis à un grand avenir, de jeunes talents qui n’avaient pas suivi les filières habituelles pour se révéler… Vainqueur d’une manche de 208 Rally Cup dès sa première saison en formule de promotion, Karl Pinheiro est le candidat rêvé pour succéder à Pierre-Louis Loubet au palmarès de l’Espoir Echappement, mais aussi Didier Auriol (1983), François Delecour (1986), Sébastien Loeb (1997) ou Sébastien Ogier (2007)…

    Gagner… Gagner était un objectif. Mais gagner en 208 Rally Cup dans l’ultime spéciale du Rallye Terre des Cardabelles dès une première saison dans la plus relevée des formules de promotion européennes n’était pas forcément dans les plans de Karl Pinheiro, le nouvel espoir des rallyes français.

    Self made driver

    Il n’avait qu’une dizaine d’années quand il a enfilé un casque pour la première fois. C’était sur une piste de karting de loisir dans l’Ain. Après quelques tours, les membres du club local ont tenté de convaincre ses parents de le mettre à la compétition, en vain. Mais Karl Pinheiro avait attrapé cette maladie qu’est le sport automobile… Avec un virus très rare : le talent.

    Et comme on ne réussit rien sans travail, Karl Pinheiro a travaillé. Encore travaillé. Il a appris directement dans un baquet en étant copilote dès ses 16 ans. Cette même année, il entame une formation de mécanicien automobile. À 18 ans, il achète une Peugeot 106 S16 de série et passe tout son temps libre à la transformer en Groupe A. Enfin, au Rallye du Pays de Faverge, il prend le départ de sa première course en tant que pilote… Et va chercher son premier trophée de vainqueur de classe.

    Karl possède le profil typique du vainqueur de Rallyes Jeunes FFSA… Mais pour la seconde fois en vingt ans, l’opération de détection n’est pas organisée en 2014, pas plus en 2015. Alors il fait ses classes et multiplie les victoires dans sa catégorie. On le voit triompher dans les finales de Coupe de France à Samer et Lunéville. Et c’est en 2016 que le premier déclic a lieu.

    « J’ai toujours eu la bougeotte », reconnait le jeune pilote. « Je ne voyais pas l’intérêt de rouler chez moi, alors je suis toujours allé découvrir de nouveaux horizons dans le cadre de la Coupe de France. Mais je savais aussi que je devais passer rapidement au niveau supérieur pour me faire remarquer. »

    Vainqueur du Challenge N2S organisé par Rallye Academy en 2016, on le voit arriver en 208 Rally Cup cette saison. La marche est immense. Une cinquantaine de concurrents, dont la moitié d’étrangers, et quelques-uns des plus sûrs espoirs de la discipline qui convoite le volant d’une Peugeot 208 T16 en Championnat d’Europe des Rallyes ou en WRC.

    Précision du pilotage et justesse technique

    Polyvalent, Karl Pinheiro s’est – à chaque fois – placé sur le podium provisoire de chaque épreuve disputée. Et son passage chez Saintéloc – équipe championne en titre en 208 Rally Cup – dès le Rallye Aveyron Rouergue n’a fait que renforcer son potentiel, confirmée par une toute première victoire lors du Terre des Cardabelles !

    « Je ne m’attendais pas à signer ma première victoire sur terre », s’étonnait Karl après ce premier succès. « J’aurais davantage parié sur l’asphalte, car je n’ai découvert la terre qu’il y a un an. J’aime rouler dans des conditions délicates, quand il faut faire preuve d’adaptation, voire d’improvisation. »

    De ses premières expériences, Karl a appris à améliorer son pilotage : « À mes débuts, j’avais tendance à beaucoup rouler sur le train avant. Mais j’ai largement évolué pour être de plus en plus précis et plus doux avec les pneumatiques. Aujourd’hui, j’ai des trajectoires typées circuit. Les bagarres en 208 Rally Cup m’ont endurci. En performances pures, je pense avoir montré ce dont je suis capable. »

    Seulement devancé par Laurent Pellier – pilote de l’Equipe de France FFSA qui avait déjà disputé une saison en DS 3 R3T – et l’Espagnol Efrén Llanera – redoublant en 208 Rally Cup qui poursuit un double programme en France et en Espagne – Karl Pinheiro est largement en tête des débutants de la formule proposée par Peugeot Sport. Une réussite qu’il partage avec son copilote Franck LeFloch

    « Nous avons connu des déboires avec la mécanique en début d’année », reconnaît Karl. « Mais ça a aussi forgé mon caractère. Au Rouergue, nous méritions la deuxième place. Aux Cardabelles, j’ai joué le rôle du chasseur derrière Tade Lario avant d’aller chercher la victoire dans le dernier chrono avec 1,5 seconde d’avance ! Ma formation de mécanicien m’apporte également beaucoup. J’ai construit toutes mes voitures de course et je sais transmettre les informations à l’équipe technique lorsque je ressens quelque chose au volant. L’automobile et la mécanique me passionnent. »

    L’objectif de l’hiver est de préparer la saison à venir, toujours en 208 Rally Cup, avec des stages de pilotage sur circuit – en berline et monoplace – et une préparation physique de premier plan, en conservant un œil sur le classement de l’Espoir Echappement, vingt ans après un certain Sébastien Loeb : « Pour moi, c’est l’image de la carrière parfaite. Il vient de nulle part et il a tout gagné pour devenir le meilleur pilote au monde. Ce n’est pas rien ! »

    Voilà qui tombe bien. Ils se retrouveront au départ du prochain Rallye du Var…

    COMMENT VOTER ?

    Vous êtes invités à voter pour élire l’Espoir Echappemment 2017. Des pass VIP sont à gagner pour la prochaine édition des 24 Heures du Mans parmi les votants… Votez en ligne pour Karl Pinheiro avant le 18 novembre et n’oubliez pas de faire passer le message autour de vous !

    VOTEZ KARL PINHEIRO

  • Qui peut le plus…

    Qui peut le plus…

    Il n’y a pas de justice… Si l’on écoutait les amoureux d’automobile, on ne roulerait qu’avec des V12 ou des 5 cylindres en ligne sous le capot, avec des modèles qui sortent de la monotonie pour s’affirmer pleinement. Au lieu de ça, nous n’avons que des SUV gris, blanc ou noir – même personnalisables – avec des moteurs 3 cylindres.

    Renault Avantime, Nissan Cube, Peugeot 1007… Dès qu’un constructeur a essayé de s’écarter des segments habituels, il a pris un sacré bouillon.

    Je ne voudrais pas être directeur du plan produits d’un constructeur en quête d’actions disruptives – comme on dit de nos jours. Ecouter ses futurs clients est le meilleur moyen de ne pas les mener à l’acte d’achat.

    Prenons l’exemple le plus récent : Citroën C4 Cactus. J’étais prêt à en acheter un. Il s’avère qu’un concours de circonstances fait que je n’ai plus besoin d’un véhicule neuf ces prochains mois. Toujours est-il que le Cactus était parfait. 4,15 mètres avec une habitabilité suffisante pour répondre à mes besoins (même si quelques dm3 de coffre en plus auraient été parfaits), un « gros » moteur de 110 chevaux pour la région parisienne, une boîte automatique dont on peut se contenter, une connectivité satisfaisante… Et surtout un tarif qui me semble tout à fait abordable avec un prix catalogue à 23 250 euros. Mieux, en cherchant un modèle de démonstration, on tombe à 18 200 euros pour un C4 Cactus Rip Curl 110 EAT6 de 2 900 km. Je vous laisse comparer avec le reste du marché et je vous rappelle que faire sa carte grise n’exige plus de se rendre à la préfecture

    Comment donc expliquer que ce modèle aussi attractif puisse ne pas être en tête du marché français ? C’est justement que notre Citroën C4 Cactus était un peu trop différent. Pas assez banal par rapport aux 2008 ou Captur et loin de la réussite exceptionnelle – et méritée – d’un 3008.

    Le résultat est une nouvelle génération de C4 Cactus… Fondamentalement, rien ne change. Et si la disparition des airbumps double les ventes (et qu’on me le prouve), il y a vraiment de quoi ne plus croire en rien.

    Rien ne change en dehors de la présentation textuelle du véhicule. La mode du SUV sympa et branchouille, jeune et déluré est passée. C4 Cactus est maintenant une berline compacte. On joue sur les mots. Oui, une berline. Et une petite ligne de chrome pour montrer que l’on n’est plus dans l’univers du jouet. Vous avez dit ludospace ? Ouf, l’arrière quitte sa touche de tristesse qui me faisait penser à une voiture à sortir uniquement par temps de pluie. Mais ça ne devait rester qu’un détail.

    L’intérieur change autant que l’extérieur. C’est-à-dire si peu. Je regretterai encore que l’EAT6 ne soit pas couplée à une commande au volant (type DS ou… Rolls et Mercedes) pour profiter à nouveau de la banquette avant. Des petits détails pratiques qui peuvent donner le sourire et qui devraient être l’image même du « nouveau » Citroën.

    Non, Citroën C4 Cactus se place tout en bas des berlines compactes, en taille, en prestations (selon une première liste des équipements avec l’absence de régulateur adaptatif ou de climatisation bizone) et on ne peut que l’espérer, en tarifs. Mais c’était déjà le meilleur argument de la précédente génération.

  • L’homme qui a sauvé la Porsche 911

    L’homme qui a sauvé la Porsche 911

    Au début des années 1980, Porsche va mal. L’entreprise vient de publier ses premières pertes et la 911 voit ses ventes plonger. Ferry Porsche décide alors de nommer un Américain aux commandes de la marque. Peter Schutz aura un impact historique sur le constructeur de Stuttgart. Il est mort ce week-end à 87 ans.

    La famille de Peter Schutz avait fui l’Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale pour se réfugier aux Etats-Unis en 1939. D’abord ingénieur chez Caterpillar, puis pour divers motoristes, il a été invité par Ferry Porsche à postuler pour devenir président de Porsche au début des années 1980.

    Après la publication des premières pertes annuelles de l’histoire de la marque, le président Ernst Fuhrmann est démis de ses fonctions. Douze candidats se présentent pour la succession… Et Ferry Porsche choisit ce naturalisé américain. Beaucoup sont alors convaincus que ce choix stratégique vise à relancer les ventes de l’autre côté de l’Atlantique.

    Il écoute alors les vendeurs qui demandent des modèles moins chers et de meilleures qualités. Le nouveau patron établit que les problèmes de coûts ne sont qu’une conséquence de mauvais choix d’ingénierie. L’arbre à cames des 911 est pointé du doigt… Mais la direction technique n’a pas jugé bon d’y apporter les modifications nécessaires en attendant la fin de la production pour laisser la place aux 924 et 928.

    Dans le bureau d’Helmut Bott, chef de l’ingénierie, Peter Schutz fait face au plan produit de la marque. Il attrape un stylo et tire un trait pour prolonger la vie de la 911 au-delà de l’année 1981. L’action n’a duré qu’une seconde, mais la décision est prise. Lorsqu’il se retourne, il lance ce nouvel objectif à Bott : continuer la série des 911, l’emblème de Porsche.

    Il interrompt le programme peu ambitieux des Porsche 924 pour les 24 Heures du Mans. Il fait sortir les 936 du musée et entame une série encore record de sept victoires consécutives… Mieux, il envoie des Porsche à l’assaut du Paris-Dakar et gagne en 1984 et 1986 !

    Chez Porsche, ses décisions redonnent de l’élan à l’équipe technique. Un nouvel arbre à cames et d’autres modifications mineures sont appliqués pour éliminer les problèmes de fiabilité de la 911 jusqu’à l’arrivée de l’historique 3,2 litres de 1984. La marque profite alors d’une période de croissance aux Etats-Unis. Les ventes sont quasiment doublées entre 1980 (28 000 unités) et 1986 (53 000 unités). Mais, en 1987, le taux de change se retourne. Alors que les ventes américaines représentaient 60 % de la production mondiale en 1986, elles chutent à moins de 50 % en 1987. En décembre, l’Américain est remplacé par Arno Bohn qui aura un impact très négatif sur Porsche…

  • Arrivée : la deuxième place avec des « si » !

    Arrivée : la deuxième place avec des « si » !

    Et si, et si, et si… Et si ça s’était passé autrement, tout le monde serait champion du monde. La vérité de la compétition impose une implacable réalité : il n’y a qu’un unique vainqueur. Les autres ne peuvent que parler avec des « si ».

    Si j’extrais uniquement les résultats à partir du moment où j’ai pris le contrôle de tous les instruments mis à notre disposition dans la Toyota Mirai alignée par Air Liquide, je suis deuxième du classement général de l’eRallye Monte-Carlo 2017 derrière le vainqueur Didier Malga en Tesla Model S.

    Si je prends la moyenne des pénalités prises à chaque point de contrôle, je suis à 0,70. Le vainqueur est à 0,63 et le suivant (Piotr Moson en BMW i3) est à 0,79.

    Si ça s’était passé autrement, j’avais le potentiel d’être deuxième. Mais je reste convaincu qu’une poignée d’autres pilotes pourraient en dire autant.

    L’aventure était encore une fois extraordinaire. J’aime l’eRallye Monte-Carlo et je promets de travailler autant que possible pour aller le gagner un jour.

    Rouler avec un véhicule hydrogène est assez différent d’une épreuve au volant d’une voiture électrique « plug-in ». L’an passé, traverser la France avec une Renault ZOE avait impliqué un travail de recherche d’étapes pour assurer les recharges. C’est surtout un exercice qu’il faut préparer avant le départ. En hydrogène, on joue d’abord sur l’écoconduite pure pour atteindre les stations installées pour ce rallye à Magny-Cours, Onet-le-Château, Aix-en-Provence et Monaco. Le parcours qui faisait le plus peur était entre l’Aveyron et les Bouches-du-Rhône : 420 km. Il s’avère que cette « peur » est uniquement due au manque d’informations et de connaissance. Ma Toyota Mirai est capable de tenir 550 km en mode écoconduite, sans doute bien plus pour viser un record.

    Dès que l’on prend conscience de ces capacités, tout est plus facile et appréciable. Je prends l’exemple du mode « Power » de la Mirai qui émet des sons typiques d’un film de science-fiction. Je suis toujours aussi conquis par la conduite d’un véhicule à moteur électrique. C’est simple et suffisamment performant pour la ville et la Nuit du Turini !

    Cette nuit était encore incroyable. La montée du Col de Turini depuis Sospel est un morceau mythique, même si la route n’est pas exceptionnelle pour la région. Dans la zone de régularité, je me suis répété plusieurs fois que j’étais dans le Turini, mais la concentration était plus forte.

    Après la ZR5, il a fallu préparer rapidement le départ de la ZR6. Malheureusement, elle a été annulée à cause d’un accident de la circulation hors du rallye. Nous avons dû éviter la boucle autour de Luceram pour traverser la fin de la zone sans régularité. Et là, je me suis retrouvé dans un lieu magique : Col de l’Orme, Col de l’Ablé. On cite tout le temps le sommet du Turini et les épingles du Col de Braus. Mais au-delà des images, il y a le ruban, les bas-côtés, la nuit, l’ambiance. L’Orme, l’Ablé ! Un revêtement d’un autre âge, des gravillons, une largeur minimale, des appuis, un train avant calé, un train arrière enrouleur. De Twizy en Rolls, ce doit être toujours un même plaisir.

    Reste la grande question : et l’hydrogène ? La réponse d’octobre 2017 est très claire : l’écosystème n’est pas en place. Si vous êtes un particulier, non ! Si vous êtes une entreprise qui vise quelque chose de très innovant, que vous êtes à proximité de la poignée de stations déjà ouverte en France, les quelques modèles déjà proposés (dont la Toyota Mirai) peuvent vous intéresser.

    En imaginant le parc automobile de 2030, l’idée d’avoir des véhicules hybrides (une batterie lithium-ion ou tout autre composant qui sera applicable à ce moment-là + un réservoir de quelques kilogrammes d’hydrogène sous pression et une pile à combustible) pourrait être vraiment attirante. 2030 n’est pas choisi par hasard. On nous promet la fin des véhicules « thermiques », mais les craintes de surcharge des réseaux électriques (même si je n’en suis pas du tout convaincu) se multiplient. Ce système d’hybridation peut donc apporter une solution intéressante si la « fabrication » de l’élément le plus présent dans l’univers et son transport peuvent être assurés avec efficacité.

    Didier Malga et Anne-Valérie Bonnel gagnent cette édition 2018 avec une Tesla Model S avec 43 points de pénalité. Piotr Moson et Jérémie Delran suivent en BMW i3 (54 points), devant nos équipiers Frédéric Mlynarczyck et Christophe Marques en Toyota Mirai (57 points). Avec des si, j’aurais pu être sur le podium… Et avec des si, Guillaume Nedelec et Serge Lombard n’auraient pas rencontré autant d’obstacles sur les routes pour viser un top 10. Je leur donne déjà rendez-vous l’an prochain !

  • Etape 2b : potentiel et expérience

    Etape 2b : potentiel et expérience

    J’avoue que j’avais des ambitions… Même si la concurrence était présente avec cinq des six premiers du classement FIA au départ, l’objectif était d’aller chercher un podium. Avant même de m’élancer dans la première zone de régularité, j’étais plus mesuré.

    Un rallye, quel que soit le niveau, réclame du travail. On peut « avoir fait plus de 200 rallyes dans sa vie », si on ne travaille pas, on n’a trop peu de chances d’y arriver. À l’arrivée de la quatrième zone de régularité, j’ai décidé de m’occuper seul de la navigation et de la gestion des moyennes. Waze sur les parcours libres et l’œil sur Tripy sur les itinéraires obligatoires. Pour les zones de régularité, il faut configurer le système de navigation Crisartech, le regarder à chaque instant pour conserver sa moyenne (objectif de +/- 0,2 seconde), surveiller le Tripy pour avoir le roadbook à suivre, garder un œil sur l’écran de la Toyota Mirai pour avoir une idée des pièges à venir (épingles…) et parfois apercevoir la route pour éviter les véhicules qui arrivent en sens inverse, car nous restons sur des routes ouvertes.

    Après avoir géré tant bien que mal la ZR1 en prenant 3 points de pénalité, j’avais laissé le navigateur faire… 60, 152 et 118 points ! Dans la ZR5 que j’ai affrontée seul : seulement 5 points de pénalité en onze points de passage. Je suis enfin dans le match avec mes trois écrans, mon volant et ma route.

    C’est l’objet du titre du jour : potentiel et expérience. C’est quelque chose que l’on entend trop de la part de ceux qui ne gagnent pas… Montrer son potentiel et acquérir de l’expérience. J’en suis là.

    Sur le plan sportif, je suis miné et je remercie les autres équipages de leur soutien. J’ai vraiment eu de la peine d’être aussi loin hier. La voiture, le système de navigation et le pilote (j’en suis convaincu !) ont le potentiel d’être devant. Par la suite, et grâce à mes 5 points dans la ZR5, j’ai repris des couleurs. C’est une joie de piloter la Toyota Mirai. Assez simplement, il n’y en a que 10 en France et la technologie reste très inédite.

    On se posait beaucoup de questions sur l’autonomie, avec une barrière psychologique à 400 km. Je crois que je pourrais désormais partir pour un trajet de 550 km sans véritable appréhension.

    J’y retrouve tous les atouts d’une voiture électrique. Car même si la Mirai est une voiture « hydrogène », c’est un moteur électrique qui l’anime. L’hydrogène passe dans une pile à combustible pour fournir l’énergie électrique au moteur et rejeter de l’eau tiède que j’ai pu m’amuser à goûter !

    En mode « Power », la pile à combustible et une petite batterie, qui récupère l’énergie cinétique au freinage, donnent leur pleine mesure avec une ambiance sonore digne d’un film de science-fiction. J’ai adoré l’autoroute de nuit dans ces conditions.

    Sur les spéciales de Provence, en conduite beaucoup plus sportive quand il est question de sauter d’épingle en épingle, on est bien dans une grande berline de 1,8 tonne. Mais ce n’est fondamentalement pas dans ce style que l’on peut la juger.

    Départ de l’ultime étape dans quatre heures. Je vais terminer de préparer la longue boucle qui fait rêver les amateurs de rallye : Monaco, Castillon, Sospel, Moulinet, Col de Turini, Piera Cava, Col St Roch, Lucéram, Col de l’Orme, Col de l’Ablé, Col de Braus, Col de Castillon et retour à Monaco. L’objectif est d’aller chercher des places dans les trois premiers, même si ce sera vraiment compliqué de nuit et dans ces conditions assez inédites.

  • Etape 2a : confidence pour confidence

    Etape 2a : confidence pour confidence

    Les premiers résultats sont tombés. Sans vraiment de surprise, notre équipage est très rapidement sorti de la lutte pour la victoire, pour le podium et même pour le top 10 du classement général.

    Le rallye – quel que soit son type – est une histoire de confiance. Il faut avoir confiance en son véhicule, que l’équipage se comprenne et que tous les outils mis à la disposition du pilote et du copilote soient maîtrisés.

    Lorsque nous avons quitté Onet-le-Château pour entamer la deuxième étape de l’eRallye Monte-Carlo, il fallait encore construire cette confiance qui ne s’était pas installée. Certains copilotes avaient passé des heures à apprendre comment fonctionnait le système de navigation, des pilotes connaissaient leur voiture par cœur. Ce n’était pas notre cas.

    En pointant à 6h24 à Onet, l’objectif était d’atteindre Aix-en-Provence sans tomber en panne sèche. J’ai choisi un parcours long de 420 km (avec des points de passage obligé dans les zones de régularité) avec la certitude de pouvoir rouler « plus de 400 km » avec mon plein de 5 kg d’hydrogène.

    Le début de journée a donc ressemblé à une course contre la consommation avec des moyennes à 0,6 kg / 100 km. Comme je ne pensais vraiment pas atteindre ce score, le souci de l’autonomie a assez rapidement disparu.

    Partis avec une autonomie affichée à 399 km d’Onet-le-Château, nous étions sur le Pôle Mécanique d’Alès avec plus de 300 km d’autonomie au compteur… après 185 km parcourus !

    Le Circuit de Vitesse était le lieu de la première zone de régularité : un tour de circuit à 59,9 km/h de moyenne. J’ai regardé passer un maximum de concurrents depuis la terrasse des stands en prenant les données pour neuf points de passage en 2,540 kilomètres. J’ai tout transmis à mon copilote qui était resté à côté de la voiture la plupart du temps. Nous mettons un système au point pour qu’il me décompte le temps grâce à un minuteur…

    Au moment du départ, le déclenchement du minuteur rate. Panique dès le premier mètre. J’avais lancé le système de navigation doté d’un chrono. Je tente de m’en sortir pour boucler mon tour en 2’31’’45, sachant que l’on avait vu des pilotes passer à moins de 0’’2 du temps de référence… Résultat : nous sommes en 2’33’’6. Ça commence effectivement très mal, même si ce ne sont que trois points de pénalité. La victoire se jouera autour de 50 en fin de rallye. Six équipages font quand même le score parfait…

    Nous partons vers le départ de la ZR2 à 14h00 sans intégrer l’idée de déjeuner. Au départ de cette seconde ZR, encore un moment de panique. L’afficheur ne me montre pas les couleurs que je recherche. Si je suis trop en avance (on parle de deux ou trois dixièmes de seconde sur un instant donné), je veux avoir un écran rouge et vert si je suis en retard. Là, je n’ai rien.

    Je pense que ça a un peu crié dans l’habitacle au moment d’arriver dans une zone limitée à 30 km/h à respecter impérativement. Mon copilote m’indique bien de me mettre à la vitesse légale. Nous passons deux zones rapprochées avant d’être à nouveau lancés à allure normale. Le temps de se parler et de se recaler, on perd deux fois 18 points, puis on roule pour revenir dans la bonne seconde. Ensuite, nous sommes une à trois secondes trop lents à chaque point secret. Bilan : 23e de la ZR avec 60 points de pénalité.

    Pour la suite, mon copilote sort ses cartes, je file vers le prochain rendez-vous en faisant confiance à Waze. Le rallye est déjà perdu, mais il faut essayer de bien faire fonctionner le système pour se donner une chance d’être dans le coup rapidement, sachant que la moitié des leaders profitent exactement de la même installation…

    Dans la ZR3, mon copilote configure tout avant le départ, car la moyenne change en cours de zone de régularité. Lorsque nous partons, je n’ai toujours pas mes couleurs. Désespéré, j’appuie sur l’écran. L’affichage répond que j’ai une minute d’avance… Compliqué d’avoir confiance après 20 secondes de chrono. Dans l’analyse des treize points de contrôle, il s’avère que nous sommes 1 à trois secondes trop rapides sur les 10,58 km (jusqu’au changement de moyenne) puis que nous sommes 17 à 19 secondes trop rapides jusqu’au bout. Je pense donc que nous avons modifié la moyenne avec quelques centaines de mètres d’avance… Le bilan est encore plus lourd avec une 22e place et 152 points de pénalité.

    Au général, nous sommes 21e et 4e des véhicules à l’hydrogène. L’objectif est de remonter à la deuxième place de notre catégorie. À la régulière, nous pouvons remonter au 18e rang et un top 15 reste envisageable à l’arrivée…

  • Alpine A110 Cup : Europa !

    Alpine A110 Cup : Europa !

    Eu-ro-pa. En trois syllabes, l’Alpine revient en piste. En plus de son programme LMP2 en FIA WEC, la plus phoenix des marques automobiles françaises fait son grand retour sur les circuits européens par la compétition client. Pour cela, une Alpine inédite a été développée par Signatech, à Bourges : l’Alpine A110 Cup.

    Basée sur l’Alpine A110 2017 de série, la « Cup » est une véritable voiture de course, conçue dès les premières esquisses par Alpine, Signatech et Renault Sport Racing et assemblée dès la série à Dieppe. Un fonctionnement proche de celui de Porsche, sa concurrente avouée.

    Mécaniquement, on retrouve sous le capot arrière le 4 cylindres turbo de série, poussé à 270 chevaux, gagnant 18 équidés pour le coup. Le couple reste inchangé, avec 320Nm. Avec un poids de 1050 kg, cette « Cup » affiche donc un rapport poids/puissance de 3,9cv/kg. Au niveau de la boîte de vitesse, Signatech et 3MO ont oeuvré ensemble pour créer ensemble une boîte de vitesses séquentielles à 6 rapports, auquel un autobloquant à glissement limité est greffé.

    Bien sur, comme toute voiture de course qui se respecte, l’A110 Cup répond à toutes les normes en vigueur de la FIA. Caisse arceautée, baquet, extincteur etc. Petit détail, j’aime beaucoup la paroi qui sépare l’habitable du compartiment moteur : tellement racing ! La caisse a elle été abaissée de 40mm, alors que Öhlins se charge de la suspension : les quatre combinés ressort-amortisseur sont réglables en compression et en détente. Côté freins, Brembo fournit le système, avec des disques ventilés de 355mm à l’avant, pour 330mm à l’arrière.

    Développée avec entre autres Nicolas Lapierre, cette Alpine A110 Cup promet d’être intéressante. En sa première année d’existence, elle disputera uniquement sa formule monomarque : l’Alpine Europa Cup.

    Tenté ? Dépêchez-vous, seuls 20 exemplaires seront disponibles pour la première saison.

    Le vieux continent first

    Au programme dès 2018, l’Alpine Europa Cup visitera 5 pays, pour 6 week-ends et 12 courses. Il s’agira là d’une série labellisé FIA, faisant écho à l’Europa Cup, organisée de 1985 à 1988. Le programme est connu, il faut avouer que les circuits visités sont de beaux et grands circuits. Bravo !

    • 1er-2 juin : Circuit Paul Ricard (France)
    • juin / juillet : Tbc (Allemagne)
    • 14-15 juillet : Dijon-Prenois (France)
    • 1er-2 septembre : Silverstone (Grande-Bretagne)
    • 22-23 septembre : Spa-Francorchamps (Belgique)
    • 20-21 octobre : Barcelona-Catalunya (Espagne)

    Rendez-vous les 1er et 2 juin sur le Circuit Paul Ricard pour son baptême du feu. Avant, on la verra sur les circuits de Jerez, Magny-Cours, Motorland Aragón, Valencia, Portimao, Navarra et bien ailleurs, car l’A110 Cup n’est pas encore développée. Elle est pour le moment conçue, construite par Signatech et ce ne seront pas moins de 7500 km qui seront parcourus en essais : l’équivalent de trois saisons d’Alpine Europa Cup.

     

    Alpine A110 Cup – fiche technique

    Châssis

    Type : Monocoque aluminium
    Sécurité : Arceau multipoints
    Carrosserie : Aluminium
    Aérodynamique : Fond plat, diffuseur, becquet arrière

    Moteur

    Type : 4 cylindres 1.8L 16s
    Disposition : Centrale arrière
    Puissance : 270 ch à 6000 tr/min
    Gestion électronique : Magneti-Marelli SRG 140

    Transmission

    Type : Propulsion
    Boîte de vitesses : Séquentielle 6 rapports 3MO
    Commande : Palettes au volant
    Différentiel : Autobloquant à glissement limité
    Embrayage : Bi-disque acier fritté

    Trains roulants et suspensions

    Suspensions : Double triangles superposés
    Amortisseurs : Öhlins réglables 2 voies
    Freins AV : Ø 355 x 32 mm, étriers 6 pistons Brembo
    Freins AR : Ø 333 x 32 mm, étriers 4 pistons Brembo
    Direction : Assistée électrique

    Roues

    Jantes : Aluminium, 9×18’’ (AV) et 10×18’’ (AR)
    Pneus : Michelin 25-64×18 (AV) et 27-65×18 (AR)

    Dimensions, poids et capacités

    Longueur / largeur / hauteur : 4178 / 1798 / 1190 mm
    Empattement : 2419 mm
    Voies AV / AR : 1565 / 1570 mm
    Réservoir de carburant : Homologué FIA FT3, 65 litres
    Poids : Environ 1 050 kg

    En images 

    2017 – Alpine A110 Cup
    2017 – Alpine A110 Cup
    2017 – Alpine A110 Cup
    2017 – Alpine A110 Cup
    2017 – Alpine A110 Cup
    Salut Nico !
  • Etape 1b : concentration maximale

    Etape 1b : concentration maximale

    Nous avions 26 heures pour aller de Fontainebleau à Onet-le-Château, terme de la concentration de cet eRallye Monte-Carlo. Tout le monde est bien arrivé, sauf les Kangoo hybride (électrique / hydrogène), dont l’autonomie empêche vraiment d’entamer d’aussi longues traversées.

    Depuis le départ, nous avons parcouru 624 km afin de rejoindre Onet-le-Château. Après la première charge du rallye à Magny-Cours, il était question de juger de l’autonomie réelle de notre Toyota Mirai. L’enjeu était de prendre conscience des capacités de notre réservoir de 5 kg d’hydrogène pour préparer la deuxième étape.

    Le parcours choisi nous a menés de Magny-Cours à Onet-le-Château en 378 km avec une autonomie restante à 89 km au moment de notre arrivée. De quoi imaginer pouvoir approcher les 450 km en conditions de course avec les liaisons et les zones de régularité.

    Cette information était capitale au moment de dessiner notre parcours entre Onet-le-Château et Aix-en-Provence, pour aller d’une station d’hydrogène à une autre. En suivant l’itinéraire obligatoire sur les zones de régularité, nous n’avons pas pu descendre sous les 420 km à parcourir…  De quoi passer un vendredi très stressant.

    Sur la route, la Toyota Mirai s’avère bien plus confortable que les citadines électriques avec une insonorisation supérieure. En revanche, la régénération d’énergie semble très inférieure. Une petite batterie récupère l’énergie cinétique à la décélération et redonne son potentiel lors des accélérations suivantes. Ce détail nous a forcés à modifier légèrement notre parcours de la deuxième étape.

    Le départ de l’hôtel était programmé à 5h10 pour une sortie de parc fermé à 6h24. Le prochain rendez-vous est au Pôle Mécanique d’Alès, à près de 200 km, à partir de 11h00. Le premier classement devrait être disponible vers 14h00.

  • Etape 1a : le premier élément

    Etape 1a : le premier élément

    La première étape de l’eRallye Monte-Carlo est un parcours de concentration à effectuer en 26 heures entre Fontainebleau et Onet-le-Château. Premiers kilomètres, premiers réglages…

    Voyager avec un véhicule hydrogène reste une découverte. Une découverte car il n’existe qu’une dizaine de Toyota Mirai et quelques dizaines de Hyundai ix35. L’écosystème « H » a encore besoin d’être déployé pour s’avérer pleinement fonctionnel. Dans les faits, nous serions proche de ce qui existait pour les véhicules électriques il y a quinze ans.

    Le parcours nous imposait un itinéraire unique pour quitter la Seine-et-Marne, avant de nous laisser toute liberté pour rallier Onet.

    Après avoir fait le plein d’hydrogène à Orly et couvert quelques kilomètres pour préparer notre départ à Fontainebleau (et quelques interviews), nous avions rendez-vous à Magny-Cours pour une halte avec Air Liquide pour faire un nouveau plein. Avec un itinéraire assez hasardeux pour commencer, nous avons parcouru 345 kilomètres entre les deux stations.

    L’objectif de ce premier trajet était de jauger l’autonomie de notre Mirai en roulant tout à fait normalement. Autoroute : 130 km/h. Le résultat est équivalent à ce que l’on connait avec tous les véhicules à moteur électrique. La vitesse fait très mal à l’autonomie. En levant un peu le pied à Nemours, nous arrivons face au tracé nivernais avec une trentaine de kilomètres de marge. Ça peut sembler peu, mais lorsque le trajet est bien calculé, ça ne provoque pas la moindre interrogation.

    Pour avoir un ordre d’idée, il faudrait consommer autour d’un kilogramme d’hydrogène (le réservoir en contient cinq) tous les cents kilomètres. Lors de mes premiers courts trajets entre l’Essonne et le Val-de-Marne, j’avais tenu un 0,9 kg / 100 km. Sur autoroute, nous avons fait passer la moyenne à 1,3 kg / 100 km, quasiment 50 % de plus.

    À Magny-Cours, Air Liquide avait placé une aire de charge itinérante, capable de faire le plein d’hydrogène pour tous les concurrents engagés, un par un. Pour nous, ce fut l’occasion de laisser notre Mirai pour aller diner à la Grande Chaumière, haut-lieu des diners de Magny-Cours, avec une belle table où furent encore racontées de grandes histoires du sport automobile… Mais en hydrogène, l’esprit perdure !

    Nous avons quitté Magny-Cours à minuit pour continuer notre parcours avec une pause nocturne à Riom. Aujourd’hui, nous devons atteindre Onet-le-Château à 16h25 pour pointer. Les premiers classements ne tomberont que demain.