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  • Une autre idée du luxe

    Une autre idée du luxe

    Alors que les marques généralistes pensent de plus en plus premium, les premiums parlent aussi régulièrement que possible de « luxe ». Mais qu’y a-t-il de luxe dans l’industrie automobile ?

    Définition Larousse : caractère de ce qui est coûteux, raffiné, somptueux. Coûteux, certainement. L’automobile est un objet coûteux. Mais l’est-il « vraiment » ? Dans les allées du Salon International de la Haute-Horlogerie qui s’est tenu cette semaine à Genève, j’ai – encore une fois – mesuré l’écart qui existe entre le luxe et l’automobile.

    Objet de luxe, la montre s’affiche sans tarif. À un tel niveau, on n’achète plus un modèle sur catalogue… On se le fait fabriquer, parfois pour un million d’euros.

    Vous imaginiez que Lamborghini était une marque de luxe ? Pensez donc à Roger Dubuis, son partenaire horloger. D’un côté, une Lamborghini Aventador S (280 000 euros) ; de l’autre, une montre Roger Dubuis Excalibur Aventador S en série limitée pour une facture équivalente… D’autres exemples sont à prendre chez Richard Mille, IWC ou Audemars Piguet.

    Evidemment, vous entendrez toujours parler des « valeurs » du luxe. Mais au-delà de l’idée marketing qui règne dans les couloirs des constructeurs, il y a la réalité du terrain. Et plus encore, la réalité financière.

    Lorsque la bourse s’intéresse à ces valeurs, les données sont différentes. Les valorisations des marques de luxe se situent entre 20 et 45 fois les bénéfices annuels. Dans l’industrie automobile, on ne dépasse pas 10 fois les bénéfices… Seul Ferrari (34 %) sort du lot et s’inscrit pleinement dans cette idée du luxe, de la rareté et des produits – comme des services – coûteux.

    Pour 2017, les PER prévus par les analystes (vu sur Boursorama) au sujet des groupes automobiles européens :
    FCA 8,54
    BMW 8,13
    Daimler 8,13
    Peugeot 8,01
    Volkswagen 7,66
    Renault 5,62

    A comparer à :
    Hermes 38,91
    Kering 25,88
    LVMH 24,86

    Non, l’automobile n’est pas du luxe, c’est une industrie et seules quelques marques menées par Ferrari peuvent – aujourd’hui – s’inscrire dans cette logique.

  • La nature efface Fordlândia

    La nature efface Fordlândia

    À la recherche de caoutchouc naturel si difficile à dénicher, Henry Ford a eu une idée de génie (encore !)… En 1927, il s’offre 10 000 km2 en forêt amazonienne pour bâtir une cité ouvrière dédiée à l’exploitation de cette ressource nécessaire à la fabrication des pneumatiques. L’idée était de s’affranchir de la matière première importée de Malaisie britannique, elle s’est soldée par un cuisant échec.

    La forêt amazonienne a raison de tout élément laissé à l’abandon. C’est sa force et sa revanche contre la déforestation qui l’attaque et l’amoindrit avec une constance déroutante. La parfaite cité de Fordlândia est en train d’être reprise. Le golf est déjà conquis, comme le cimetière. Le reste a été volé par de pillards.

    Fordlândia était la ville parfaite imaginée par Henry Ford. Un SimCity dans la réalité avec une immense manufacture accompagnée de logements, des pavillons pour les cadres et des corons pour les ouvriers, un hôpital parmi les plus évolués de l’époque, une école, une centrale électrique et tout ce qui pouvait sembler nécessaire au divertissement avec une règle simple : faire venir le meilleur des Etats-Unis pour « fixer » les travailleurs.

    Sur le papier, la ville du caoutchouc est aussi géniale que réelle. Ford a énormément investi pour récupérer une matière première de qualité. Et pourtant, rien n’a fonctionné.

    L’hôpital imaginé par l’architecte de Detroit Albert Kahn a fait le bonheur des pillards. Les squatteurs ont pris possession de luxueuses demeures de « Palm Avenue ». Aujourd’hui, il manque les meubles et les poignées de porte de dizaines de maison.

    Beaucoup d’autres choses ont simplement été reprises par la nature, qui a effacé une bonne partie de cette copie rêvée du Midwest américain, transplanté au cœur de la jungle brésilienne.

    Ce qui a été sauvé appartient désormais à des chercheurs d’or, des descendants de travailleurs de plantation ou des fermiers. Huit cents personnes vivent aujourd’hui dans une ville abandonnée, dans une carte postale qu’ils n’essaient même pas d’entretenir.

    Après avoir acheté cette bande de la forêt amazonienne, Ford fait planter des hectares et des hectares d’hévéa. La main d’œuvre est bon marché et heureuse de vivre dans une ville du futur… Cinq mille personnes équipées de machines à laver et de réfrigérateurs, des détails inconcevables au cœur d’une jungle.

    À l’époque, la vie est réglée selon le mode de pensée très puritain du fondateur de la marque Ford. Une brigade de la propreté avait le droit d’entrer dans chaque propriété pour vérifier la bonne tenue des maisons et il a fallu attendre plusieurs années pour qu’une église puisse être édifiée.

    Henry Ford pensait pouvoir produire du caoutchouc en Amazonie pour déstabiliser un marché centré sur l’Asie. Mais un nuisible inconnu de l’autre côté du monde les a fait échouer. Et même si Henry Ford était convaincu de prendre le dessus sur la nature grâce à des techniques modernes, il a sous-estimé sa capacité de résistance.

    Pour maximiser la production, Henry Ford ne comptait pas sur l’hévéa brasiliensis local. Il misait sur l’hévéa de Santarem asiatique, conseillé par le botaniste Henry Wickham.

    À plusieurs reprises, il fait abattre la forêt, mais les arbres pourrissent avant d’être exploités. Trois fois, il fait replanter des milliers d’arbres. Et alors qu’il faut un hectare d’hévéa pour récolter entre 0,7 et 1,5 tonne de caoutchouc naturel (pour 740 pneumatiques), les champignons et les chenilles se régalent. Dans toute l’histoire de Fordlândia, pas un seul litre de latex n’est récolté.

    Les révoltes commencent. Les milices américaines ripostent avec l’appui des forces brésiliennes. Chaque jour, un ouvrir meurt d’une morsure de serpent ou du paludisme. Moins de vingt ans après le lancement du projet, le petit-fils d’Henry Ford cède la ville au gouvernement brésilien.

    Et vous savez quoi ? Dans les années 1960, un autre industriel – Daniel Ludwig – a lancé le projet Jari avec l’ambition de produire de la pâte à papier au Brésil. Quinze ans plus tard, il a tout abandonné en laissant quelques centaines de millions de dollars de dettes et de gros dégâts écologiques…

    À Fordlândia, on dit « Il s’avère que Detroit n’est pas le seul endroit où Ford a produit des ruines ».

    Photos : Flickr – creative commons

  • La tragédie de Gourma-Rharous

    La tragédie de Gourma-Rharous

    Des cendres ont été dispersées quelque part dans le Ténéré, pour se mélanger au sable qu’il chérissait. Ces cendres sont celles de Thierry Sabine, dont le cruel destin s’est mêlé à celui de Daniel Balavoine, Nathalie Odent, Jean-Paul Le Fur et François-Xavier Bagnoud, tous morts dans un accident d’hélicoptère au Mali.

    Pris dans une tempête, l’engin s’est écrasé sans qu’une cause précise ne puisse être établie. Charles Belvèze, l’un des concurrents, a été témoin de l’accident : « On a vu l’hélicoptère décoller. Il s’est mis au-dessus de nous et il nous suivait. Son phare balayait le toit de la voiture et les bas-côtés. Et puis, sur l’avant-droit, on a vu passer les lumières de l’hélicoptère avec une vitesse horizontale très élevée. On a entendu un ‘Wouuuuffff’ très important et une gerbe d’étincelles. On a pensé qu’il nous envoyait une balise pour nous avertir que l’on n’était pas sur la bonne piste… Et puis on s’est immédiatement dit que l’hélicoptère venait de se crasher. On a fait demi-tour pour y aller. Avec les phares, on voyait tous les débris au sol. On s’est arrêté, on s’est approché à pied, mais on s’est dit que tout allait péter à cause de la forte odeur de kérosène. On n’avait rien dans la voiture pour les aider médicalement. On a décidé de partir vers l’arrivée pour chercher du secours… »

    La présence de Daniel Balavoine, chanteur au sommet de sa carrière, n’est pas due au hasard. Le Rallye Paris-Dakar 1986 est un immense évènement. Un million de personnes passent le 1er janvier à Versailles pour saluer le départ des concurrents vers l’Afrique. Les meilleurs spécialistes de la discipline sont au rendez-vous, comme certaines stars déjà piquées par le virus du rallye-raid : le comédien Claude Brasseur, le cycliste Jacques Anquetil ou le Prince Albert de Monaco.

    Très impliqué, avec deux participations en 1984 et 1985, Daniel Balavoine a répondu à l’appel de Thierry Sabine pour une opération baptisée « Paris Dakar – Pari du Cœur », destinée à installer des pompes à eau au Sahel. Le chanteur regrette de ne pas être à nouveau un concurrent sur la route de Dakar, mais son emploi du temps médiatique s’avère bien trop chargé pour quitter la France durant trois semaines.

    Il rejoint la caravane à Niamey, pour la journée de repos. L’ambiance est pesante dans la capitale du Niger. Les trois quarts des concurrents manquent à l’appel, la faute à une épreuve bien trop difficile.

    Pour contrer l’arrivée des équipes d’usine, Thierry Sabine a concocté le Dakar le plus dur jamais dessiné. Son idée était de plonger chacun dans la même galère pour faire oublier les budgets engagés par quelques partants et laisser la « débrouille » faire son œuvre. Ce pari est un échec.

    À Agadez, les leaders bouclent l’étape de nuit à 4h00 du matin et repartent dès 8h00. À Agadem et à Niamey, des dizaines et des dizaines de pilotes abandonnent, incapables de boucler des étapes de 1 000 kilomètres.

    La situation est complexe… Comme sur chaque Paris-Dakar, les concurrents cherchent à faire passer des messages à Thierry Sabine. En 1986, le maître-mot est toujours le même : impossible. Même chez Porsche, qui domine très, très largement la course, les difficultés sont telles que les équipages ne font qu’assurer leur position, malgré des pointes à 250 km/h. L’ambiance est aussi pesante après la mort du motard japonais Yasuo Kaneko (renversé par un chauffard en France), l’accident de Véronique Anquetil (défigurée) et celui de Jean-Michel Baron (sauvé par une opération sur l’aéroport de Zinder, il ne se réveillera jamais de son coma avant de mourir en 2010).

    Journaliste pour France 2, diffuseur de l’épreuve, Jean-Louis Calmejane raconte un autre accident : « C’était une boucle autour de Tamanrasset. Le pilote de notre hélicoptère nous informe que les turbulences sont trop importantes pour se poser. Je demande alors à mon caméraman s’il a enregistré suffisamment d’images, mais il préfère faire un autre tour pour cadrer sous un angle différent. Le pilote amorce un virage et on se fait prendre par un vent rabattant. On a vu les rochers arriver… On a tous pu sortir de l’hélicoptère. Le pilote, qui était un Allemand, court vers moi et me prend dans ses bras en me disant : ‘We are alive! We are alive!’ Il me serait très, très fort. J’ai eu Thierry Sabine à la radio et je lui dis que nous avons un petit problème d’hélicoptère. Il arrive à son tour et parvient à se poser. Il me prend à son tour dans ses bras et il me dit : ‘Jean-Louis, sache qu’à partir d’aujourd’hui tu fais du rab’. »

    Cette expression n’est pas inconnue de l’organisateur du Dakar. Perdu durant trois jours lors du Rallye Abidjan-Nice, il avait été secouru par un pilote d’avion qui lui avait assener les mêmes mots…

    Mais était-ce le Rallye Paris-Dakar de trop ? A posteriori, les mots de son père Gilbert ou de son Directeur Technique Marc Ducrocq sont lourds de sens. Pour Gilbert Sabine, qui fera perdurer l’aventure, l’idée que son fils ait pu déposer un testament à un mois du départ de cette édition reste un mystère. Quant à Marc Ducrocq, ce sont de longues discussions sur l’intérêt de continuer à gérer un tel barnum et l’envie de faire d’autres voyages qui montraient une fin de cycle.

    Depuis Niamey, Thierry Sabine briefe ses équipes. Le lendemain, l’organisation sera en comité restreint à Gourma-Rharous. Faute de piste d’atterrissage, seules six personnes s’y rendront en hélicoptère, tandis que le reste de la troupe ira à Bamako pour y attendre les concurrents.

    Le 14 janvier, à 6h00 du matin, les mots de Thierry Sabine sont très forts. Face à la tempête de sable qui souffle, il annonce : « Vous avez vécu quelque chose de très difficile. Aujourd’hui, ce sera l’enfer. »

    Le premier secteur emmène les concurrents à Gao. Andrew Cowan et son Mitsubishi Pajero trouvent rapidement la sortie du labyrinthe. René Metge, leader avec sa Porsche 959, cède plus de quinze minutes, mais il conserve une large avance après avoir demandé sa route à des chameliers. Il se souvient : « Lorsque nous sommes arrivés, Thierry nous attendait avec son petit sourire narquois. Il nous a dit : ‘Je vous ai bien eus, vous en avez bien bavé !’ »

    Jean-Luc Roy est présent. Plusieurs fois concurrent lors des précédentes éditions, il est à Gao pour s’entretenir avec Thierry Sabine afin d’écrire un livre sur le Dakar : « Nous nous sommes isolés quinze ou vingt minutes pour qu’il me raconte les journées précédentes. Je lui dis qu’il n’était pas nécessaire qu’il m’emmène à Gourma comme il me l’avait promis. Je savais que Daniel avait envie de monter avec Thierry même s’il redoutait les engins aériens. J’aurai d’autres occasions de monter dans l’hélico… »

    Thierry Sabine quitte rapidement l’arrivée de la spéciale pour assister à un match de football organisé par les autorités maliennes en l’honneur du Rallye Paris-Dakar. Les festivités s’éternisent… Puis l’équipe du Dakar fonce vers l’aéroport de Gao dans un taxi brousse après avoir suivi les dix premières minutes de la rencontre. C’est à cet instant que Thierry Sabine propose à Daniel Balavoine de monter avec lui dans l’hélicoptère en direction de Gourma. Le chanteur n’hésite pas.

    À l’aéroport, le pilote François-Xavier Bagnoud – cousin du Prince Albert de Monaco – attend pour décoller immédiatement et éviter un vol de nuit. Nicolas Mathieu, attaché de presse de l’épreuve, court vers l’avion pour récupérer les bagages de Daniel Balavoine et les place dans l’hélico. Thierry Sabine, Daniel Balavoine et Jean-Paul Le Fur s’installent avec hâte avec un simple ‘au revoir’ destiné à Jean-Luc Roy et Nicolas Mathieu présents pour fermer les portes.

    Le premier trajet les emmène à Gossi, point de départ de la seconde spéciale du jour. Même si la nuit approche, Thierry Sabine veut donner le départ de cette portion. Sur place, il croise Nathalie Odent et lui propose d’occuper le cinquième siège de l’hélico, en direction de Gourma-Rharous.

    À 18h50, ils survolent la course, malgré une très mauvaise visibilité. Avec l’arrivée de la nuit, un terrible vent de sable se lève. Au sol, on ne voit pas à 50 mètres. Face à ces conditions, l’hélicoptère se pose à 21 kilomètres de l’arrivée. Pierre Lartigue et Bernard Giroux arrivent sur les lieux avec leur Lada Niva : « J’ai vu Thierry faire de grands signes au milieu de la piste pour nous arrêter. Je lui demande s’il y a quelque chose et il me dit qu’il faut que Didelot vienne les chercher, qu’ils attendent. J’ai refermé la porte et je suis reparti d’un seul coup. »

    À 19h20, l’hélicoptère blanc s’est crashé.

    Après avoir passé la ligne, l’équipage prévient immédiatement Bernard Didelot, le patron d’Africa Tours, qui part avec une voiture… Il effectue 23 kilomètres à contre-sens, mais ne trouve aucune trace de Thierry Sabine et de ses invités.

    Dans le même temps, les premiers concurrents témoins de l’accident racontent l’horreur… Durant plusieurs minutes, c’est l’incompréhension. Au bivouac, on assure que l’hélicoptère est posé et que ses occupants attendent Bernard Didelot. Face à eux, des concurrents sont certains que le même hélicoptère s’est crashé.

    Plus de trente minutes après l’accident, Dominique Fillon et Gérard Jouany, d’Europe 1, embarquent un copilote témoin du drame. Ils retrouvent la carcasse de l’engin, des corps ocres dispersés autour. Bernard Didelot arrive dix minutes plus tard. Ils savaient que Jean-Paul Le Fur, François-Xavier Bagnoud et Thierry Sabine étaient à bord et ils identifient Daniel Balavoine par son passeport laissé dans sa poche. Ils restent 45 minutes sur place avant de prendre la route du bivouac pour annoncer la nouvelle.

    La caravane est abasourdie. Cyril Neveu, vainqueur de trois des quatre premières éditions à moto, annonce d’emblée qu’il arrête la course.

    Les médecins du rallye vont récupérer les corps et les ramènent, cachés, à Gourma-Rharous. Le reste de l’équipe organisatrice est à Gao. Ils sont avertis vers 23h00 par ces simples mots criés à travers les ondes gênées par la tempête de sable : « On vient de recevoir un message que je vous transmets : ‘À Patrick Verdoy, l’organisateur du rallye, le pire est arrivé.’ »

    Le message est aussi énigmatique qu’inquiétant. Marc Ducrocq prend un avion pour rejoindre la caravane : « En survolant le bivouac, je compte les hélicoptères et je vois qu’il en manque un, le blanc, celui de Thierry. On tournait pour trouver une piste et on aperçoit l’épave de l’hélico au sol. Notre pilote a commencé à crier : ‘C’est l’hélico de Thierry, Thierry s’est tué, Thierry s’est tué !’. »

    Peu après cinq heures du matin, avec le lever du soleil, des silhouettes commencent à errer dans le bivouac. Thierry Sabine n’est plus là pour donner le départ.

    Marc Ducrocq réunit l’équipe pour s’occuper des corps afin de les transférer à Bamako. À Gao, l’information reste toujours aussi énigmatique. Ce n’est qu’au retour de l’avion que l’annonce de l’accident et des cinq victimes est connue. Patrick Verdoy ordonne un rassemblement sous forme de neutralisation vers Bamako.

    Problème, la route passe à quelques mètres des restes de l’hélicoptère. Certains concurrents continuent à rouler, d’autres s’arrêtent, sous forme d’hommage. C’est dans la journée du 15 janvier que l’information se propage en France.

    À Bamako, le rallye se retrouve à l’Hôtel de l’Amitié. Patrick Verdoy prend la décision que Thierry Sabine aurait prise : « On continue, on va à Dakar ».

    Cyril Neveu, leader du classement des motos et premier pilote à annoncer son intention d’arrêter la course, reçoit la visite de Suzanne, la compagne de Thierry Sabine et de René Metge, le leader des autos. Au bout d’une heure, il est convaincu qu’il doit poursuivre jusqu’au Sénégal.

    Le 16 janvier, les corps sont rapatriés en France. La disparition soudaine de Thierry Sabine et, surtout, de Daniel Balavoine touche le pays. Le chanteur est enterré le 18 à Biarritz. Les obsèques de Thierry Sabine sont organisées à Epernon en Seine-et-Marne. Ses cendres seront bientôt dispersées au pied de l’arbre du Ténéré.

    Le 22, sur les bords du Lac Rose, les concurrents terminent ce Rallye Paris-Dakar. Jean-Louis Calmejane qualifie alors l’arrivée de « sereine et digne pour une édition du Dakar pas comme les autres. Les sourires crispés des vainqueurs, uniquement pour satisfaire aux exigences des photographes. »

    Gilbert Sabine était présent. Il ne pratiquera plus jamais la moindre intervention chirurgicale et il prendra le relais de son fils en 1987 avec l’aide de Patrick Verdoy et de René Metge.

    Thierry Sabine était Jésus dans un hélicoptère blanc. Il était celui qui sauvait des vies. Il repose désormais au coeur de son Ténéré.

  • Jurassic Park : la renaissance de la Mercedes Classe G

    Jurassic Park : la renaissance de la Mercedes Classe G

    En 1997, ce fut l’un des accords entre le cinéma et l’industrie automobile les plus commentés. Des Mercedes Classe G apparaissaient dans Le Monde Perdu, deuxième épisode de la série Jurassic Park. Plus récemment, c’est un GLE qui a pu compter sur cette promotion dans Jurassic World. La marque allemande continue de se servir de ce partenariat pour lancer son « nouveau » Classe G.

    Pour ouvrir le salon de Detroit 2018, un Classe G datant de la première année de production – 1979 – a été coulé dans 44,4 tonnes de résine synthétique, à l’image du moustique emprisonné dans l’ambre de la canne de John Hammond dans Jurassic Park.

    Il a fallu 90 jours pour concevoir ce bloc de 5,50 mètres de longueur, 2,55 mètres de largeur et 3,10 mètres de hauteur autour du Mercedes 280 GE.

  • Fantasy garage : janvier 2018

    Fantasy garage : janvier 2018

    Voici une nouvelle rubrique qui va beaucoup m’amuser cette année sur AUTOcult.fr. Je vais me créer un garage virtuel de véhicules très réels. Premier épisode, rendez-vous sur La Centrale pour trouver quatre voitures d’occasion, disons autour au prix moyen d’achat 2016, soit 25 828 euros.

    Au menu, je dois ramener une sportive, une voiture capable d’aller partout, une caisse passe-partout et une bagnole très voyante… avec quatre fois 25 828 euros.

    Pour commencer, je me réserve des choix très, très simples. Il faut que la voiture soit visiblement en état de marche.

    La sportive tombe quasiment sous le sens. À 26 000 euros, voici une Porsche 911 Carrera de 2001 (996) et 102 000 km avec une boîte Tiptronic. Assurément un très bon choix pour une « première » Porsche, histoire de se tester soi-même avant de passer rapidement à des modèles plus sérieux ou de vite arrêter les bêtises sans trop de frais.

    La voiture capable d’aller partout est aussi une option d’une facilité déconcertante… Un bon gros Range Autobiography V8 TD de 272 chevaux qui a déjà fait ses preuves sur 147 600 km. A 25 900 euros, vous aurez le plaisir de franchir quelques dizaines de milliers de kilomètres avec tous les équipements possibles (en 2008).

    La caisse passe-partout doit avoir un avantage : celui de ne pas éveiller le moindre soupçon chez vos voisins. Aucun ne remarquera que vous aurez changé de voiture… A 25 990 euros, vous voici avec un SUV noir muni d’un TDI 140 couplé à une boîte DSG et une belle finition Carat : voici le très banal et compétitif Volkswagen Tiguan de 2015 avec 47 840 km au compteur.

    L’ultime défi doit être l’exact inverse du précédent. Il faut que toute la ville sache que vous êtes là, que vous êtes l’audace et la fougue. Et comme vous n’avez pas peur de balancer 25 990 euros par la custode, voici une très jaune Chevrolet Nova de 1972. Un coupé qui cache un V8 de 5,7 litres, histoire de se faire voir et entendre…

  • Jaguar C-X75 : la supercar abandonnée

    Jaguar C-X75 : la supercar abandonnée

    L’histoire commence comme pour n’importe quel nouveau modèle haut de gamme. Jaguar présente un concept incroyable lors du Mondial de l’Automobile de Paris 2010. Le public l’adore et le projet est lancé en 2011 au cœur du méga plan d’investissement de Jaguar Land Rover… Et puis patatras.

    Vendre une supercar est un pari risqué. Si le modèle reçoit un accueil favorable, il peut s’écouler à quelques dizaines, quelques centaines d’exemplaires à des tarifs parfois exorbitants… Mais si sa conception s’avère compliquée, l’initiative peut coûter très cher. C’est ce point qui a refroidi Jaguar.

    En 2010, la C-X75 trône sur le stand du Mondial de Paris… Supercar hybride, elle cache une paire de moteurs à réaction capables de générer de l’électricité pour suppléer une batterie. Le concept est fou !

    L’accueil du public et de clients potentiels est tel que Jaguar demande à Williams F1 de réfléchir à une production limitée de ce véhicule inédit. Face au potentiel de développement, le gouvernement britannique débloque même un budget pour participer aux recherches.

    Par un jeu de participations, les moteurs à réaction étaient réalisés par Bladon Jets, dont l’actionnaire principal s’appelle Tata, le même que Jaguar Land Rover… Mais, très vite, Williams a abandonné l’idée pour proposer un 4 cylindres turbo de 1,6 litre développé par Cosworth et destiné à produire 500 chevaux à 10 000 tours/minute. Les turbines auraient enregistré des émissions de CO2 hors-norme pour les homologations.

    Début 2011, le projet semble sur la bonne voie. Jaguar laisse entendre que 250 exemplaires entreront en production à un tarif autour de 940 000 euros HT. Côté performances, on annonce une vitesse de pointe à 330 km/h, le 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes, des émissions de CO2 sous la barre des 100 g/km et 65 km d’autonomie 100 % électrique.

    Puis, le développement a débuté. Williams a passé le concept dans une soufflerie. L’installation des moteurs électriques, de la batterie et du moteur 4 cylindres réclamait bien plus d’air que le dessin original ne pouvait laisser entrer. Le nez, le toit et les flancs de la voiture ont été redessinés pour attirer un maximum d’air et dix-sept radiateurs ont été installés un peu partout.

    Après de longues séances de modélisation, cinq prototypes fonctionnels ont été produits en 2012. Le développement a pu être commencé jusqu’à ce que Jaguar décide de tout arrêter à la fin de l’année 2012 avec l’ambition de transférer l’expérience acquise à d’autres modèles du groupe…

    Une centaine de clients s’était fait connaître, sans qu’aucun ne dépose un acompte.

    Au moment de l’annonce de l’arrêt du programme, il avait été envisagé de vendre aux enchères trois des cinq prototypes. Ils n’ont jamais été proposés. En revanche, deux de ces voitures ont été utilisées dans 007 Spectre, le 24e épisode de la série de films James Bond.

  • Alpine A110 2017 : on a oublié d’vous dire !

    Alpine A110 2017 : on a oublié d’vous dire !

    Et oui. Après mon essai de l’Alpine A110 que vous pourrez lire ici, je me suis rendu compte que j’avais oublié quelques trucs et bidules à vous raconter. Alors inventaire à la Prévert d’une liste non exhaustive de ce que j’ai omis de vous raconter dans mon premier papier.

    L’épaisseur du coffre arrière

    Mais ! Avez-vous vu ça ? La course au poids, acte 12, on supprime la moindre moquette.

    La plaque gravée

    Lors des essais presse Alpine auxquels nous avons participé, nous avions l’Alpine A110 n°13. En effet, chacune d’entre elle avait sa plaque en aluminium gravé de son numéro, à l’instar des Première Edition. Ici, il s’agit de 50 exemplaires de pré-série, fabriqués pour les essais presse.

    A chaque pièce son créateur

    Née de toute pièce en quelques années, le programme Alpine est une petite structure au coeur du groupe Renault. Moins de 40 personnes bossent au coeur de la marque, oeuvrant sous les ordres techniques de David Twohig, ingénieur en chef du projet Alpine A110. Une petite équipe pour une petite marque, si bien que David est capable de citer chaque créateur de chaque élément de son A110 chérie. Pas mal non ?

    La jante féminine

    Les jantes équipant cette Alpine A118 sont fabriquées chez Otto Fuchs, fabriquant allemand de renom. Pour la petite histoire, c’est la marque Fuchs qui équipait les Porsche 911 au coeur des années 70. Et comme l’histoire continue, Gotti, qui équipait les Alpine dans les années 60/70 fabrique toujours, mais il s’agit de jantes identiques à l’époque, des reproductions. Difficile de monter la nouvelle A110 sur du 13 pouces…

    Jantes Otto Fuchs & Freins Brembo

    Ca freine

    Pour équiper son A110, Alpine fait appel à Brembo, spécialiste italien du freinage. Pour la belle Française, Brembo a développé un étrier 100% nouveau, nommé ECS, 1,25 kg plus léger qu’un étrier classique. Techniquement, l’ensemble est novateur est exclusif à l’A110. Nos collègues de chez Alpine Planet ont raconté ça très bien.

    En rallyes

    L’histoire d’Alpine est indissociable du rallye. Rappelons que la belle dieppoise fut la première marque à remporte le Championnat du Monde des Rallyes WRC, en 1973. A ce sujet, j’ai posé la question aux hommes et femmes d’Alpine s’ils prévoyaient un programme rallye, avec leur A110. La réponse fut rapide, c’est non, car Alpine ne pourrait se battre aux avants-postes, en WRC face aux i20 WRC ou Fiesta WRC par exemple. Cela dit, si une écurie prévoit de développer une A110, Alpine pourrait l’aider. A bon entendeur… D’autant que l’A110 Cup est prête, pour le circuit. Un peu de boulot en prévision. Pour avoir essayé cette A110, je suis quasi sur qu’une A110 entre dans le Top Ten du Championnat de France avec un pilote digne de ce nom à son volant.

    Repose pied passager

    Ca fait racing ! Il est joli non ? Si.

    Photo : Mathias Dugenetay / Blog-Moteur, merci à lui !
    Photo : Mathias Dugenetay / Blog-Moteur, merci à lui !

    Au sujet racing, on parle d’une version plus puissante de l’Alpine. C’est un sujet « en attente ». Rien n’est fait et Alpine se consacre au lancement de l’A110 et de son réseau à travers le monde. On patientera donc. Cela dit, deux version arrivent.

    Pure & Legend

    Deux nouvelles finitions arrivent pour l’A110. Une première, nommée PURE, conçue pour les passionnés de la marque. Une seconde, nommée LEGEND, sera elle bien équipée, plus axée luxe.

    Fabriquée à Dieppe

    Le saviez-vous ? Une Alpine A110 finit sa fabrication à Dieppe dans le « tunnel de finishing ». 6 heures de finition, polish, alignement manuel des joints, vérifications des peintures, des assemblages etc.

    Le rétroviseur intérieur

    « Borderless » qu’on m’a dit. J’ai appris un mot ce jour là. Tout ça pour vous dire que le rétroviseur intérieur de l’Alpine A110 n’a pas de bord et que c’est pas mal. On gagne en largeur, en visibilité arrière, d’autant que la custode arrière n’est pas bien grosse.

    Nickel le rétro !

    Tiens, tant qu’on est à l’intérieur de cette A110, précisons un petit truc. Les sièges baquet sont recouverts, de Dinamica. Il s’agit d’un tissu innovant dont les fibres sont tissus de tissus recyclés. Fallait y penser ! Aussi, savez-vous que l’Alpine a été développée dans l’idée que le chauffeur porte un casque. C’est pour cela que le toit est légèrement bombé. Pas con.

    A bientôt,
    Jean-Charles

  • C215, du street art au musée Schlumpf

    C215, du street art au musée Schlumpf

    Qui a dit que le street-art n’était pas de l’art ? Et qui a dit que le street-art n’avait rien à faire dans les musées ? Cachez cet art que je ne saurais voir. Le street-art est au rendez-vous.

    Du 22 décembre 2017 au 22 février 2018, le street-artiste Christian Guémy, connu sous le pseudo de C215, s’expose en la Cité de l’Automobile, dit Musée Schlumpf, à Mulhouse. 

    L’exposition « Saga Mécanique » met en avant l’oeuvre de l’artiste francilien, travaillant sur des éléments automobiles, des objets de la culture populaire. On retrouve donc des bidons, des parcmètres, des portes de 2CV ou encore des bornes kilométriques. Sur ces objets, les portraits des grandes personnes de l’automobile s’y retrouvent, peints au pochoir et à la bombe, selon la méthode choisie par C215.

    Ainsi, sur tous ces objets qui ont marqué l’histoire de l’automobile, on pourra retrouver des portraits des frères André et Edouard Michelin, René Panhard, Charles Rolls (sans Royce), Ettore Bugatti (quasi local de Mulhouse!), Nicolas Joseph Cugnot, Rudolf Diesel, Carl Benz, Louis Renault ou encore Henry Ford. Les femmes ne sont pas en reste car celle qui ouvrit la route à ses dames est là aussi. Anne de Rochechouart de Mortemart duchesse d’Uzès, première femme française a avoir eue son permis de conduire est illustrée aussi. C’était le 12 mai 1898.

    Cette exposition mêlant histoire et art, modernité et passé se tient jusqu’au 22 février prochain en la Cité de l’Automobile de Mulhouse.

  • Tamotsu Futamura, l’empreinte japonaise

    Tamotsu Futamura, l’empreinte japonaise

    Imaginez le, au bord d’une spéciale du Rallye de Grande-Bretagne, sur les trottoirs de Monte-Carlo, lors du célèbre grand-prix de Monaco.

    Tamotsu Futamura est un photographe japonais de ce qu’on pourrait appeler « la belle époque ». Si je n’aime pas cette expression, estimant que la nostalgie a tendance à nous faire croire que tout était mieux avant, je dois avouer que ce photographe a le talent de nous montrer de belles choses, sous un angle particulier.

    Né à Yokohama où il grandit, puis basé à Tokyo, Vienne et Monaco, il traverse le monde son boîtier à la main, parcourant le Championnat du Monde des Rallyes comme fréquentant le F1 Circus, se perdant dans les méandres de l’endurance des années 60/70 et son célèbre « World Sportscar Championship », oeuvrant pour la presse particulièrement, les bobines à la main, les diapos sous le compte-fil, les planches en pagaille.

    Tamotsu Futamura’s Transparency Slides, 1970’s © TFG

    J’ai fait sa découverte il y a quelques semaines, alors que les copains Quentin Champion et Thuillier Brothers likaient ses photos sur Instagram. Car bien que décédé depuis 2011, le photographe a son compte Insta, géré et actualisé par l’agence nippone TFG qui gère ses droits.

    Les droits d’une oeuvre large et profonde, à l’oeil décalé, d’une époque où le photographe avait le temps de faire d’autres photos que celles du contrat. Une époque où le flou était artistique, non voulu, parfois maitrisé. Une époque durant laquelle le métier de photographe était à son juste niveau, estimé dans son savoir-faire. Je vous jure, je ne suis pas nostalgique, mais j’aurais aimé voir cela.

    Tamotsu Futamura nous permet au moins de découvrir cela aujourd’hui. Comme un témoignage, j’aime beaucoup ce qu’il a fait.

    Petite découverte : 

    Daytona 24 Hours 1970 © Tamotsu Futamura/TFG
  • Audi Shooting Brake Concept : maintenant !

    Audi Shooting Brake Concept : maintenant !

    Audi a toujours réussi à présenter des concepts très inspirants (Avus, Nuvolari, Rosemeyr, Prologue…). L’un d’eux, datant du Salon de Tokyo 2005, mériterait d’être ressorti du garage pour notre plus grand bonheur.

    L’Audi Shooting Brake Concept a servi à dévoiler le style de la seconde génération d’Audi TT. La face avant, les feux ou les flancs se dévoilaient sous cette œuvre des équipes de Walter de Silva.

    Rien de manque dans ce dérivé presque familial avec quatre places et un large coffre. Surtout, une ligne distinctive qui pourrait être très à la mode aujourd’hui.

    Avouez que ça mériterait une place au catalogue !

  • Renault en une de Challenges : quelle coïncidence !

    Renault en une de Challenges : quelle coïncidence !

    Mercredi 13 décembre, 13h00. Le Groupe Renault diffuse un communiqué pour annoncer l’acquisition de 40 % du groupe de presse Challenges. Le lendemain, le numéro 546 de l’hebdomadaire économique affiche une Renault en une, devant une BMW et une Mercedes sous le titre « La voiture tout change ! ».

    Dans le communiqué envoyé par le constructeur automobile, Carlos Ghosn déclare : « Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie du Groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés de qualité et à améliorer l’expérience de ses clients. »

    L’idée du numéro 1 du Groupe Renault est de « répondre aux défis des services éditoriaux de la voiture connectée, autonome et aux problématiques de distribution innovante de la presse ». Via une augmentation de capital, Renault va donc prendre 40 % du groupe qui édite Challenges, Sciences et Avenir, La Recherche, L’Histoire et Historia.

    Que Renault cherche à se diversifier est une belle initiative. Le coût de 5 millions d’euros n’apparaît pas démesuré pour entrer dans un groupe qui réalise entre 40 et 45 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel (à comparer aux 51 milliards d’euros du Groupe Renault).

    Pour Claude Perdriel, 91 ans, l’affaire en est une. Après avoir lâché l’Obs (vendu au Monde en 2014 pour 4,1 millions d’euros pour 420 000 abonnés !), il se désengage – très – partiellement de Challenges. Europe 1 rappelle alors l’une de ces petites phrases dont il est un adepte : « La presse va mal, on peut même s’interroger sur son avenir. »

    Alors pourquoi Carlos Ghosn a-t-il pris contact avec Challenges en septembre ? Selon le Figaro, l’hebdomadaire seul est en difficulté avec 4 millions d’euros de pertes annuelles. L’augmentation de capital ne va donc permettre d’effacer qu’une grosse année de déficit, quand on affirme, chez Renault, que l’argent frais va permettre de produire du contenu de qualité.

    Douze pages à lire cette semaine avec, même !, une interview de Patrick Pelata…

    Dans Libé du jour, le même Carlos Ghosn donne de quoi faire réfléchir… « Nous n’avons nous-même aucune compétence dans les médias ». Le service communication du Groupe Renault appréciera… Autant que les différentes agences qui prennent des millions chaque année au constructeur français le plus dépensier dans ce domaine.

    Renault contre Tesla, Challenges face à Universal

    Car au lieu de chercher un acteur de la communication (noblesse du mot) ou du storytelling, Carlos Ghosn a choisi un groupe de presse de second plan (ne le prenez pas mal, mais on est loin de Bertelsmann ou News Corp), uniquement présent sur le marché français, pour incarner ce changement, cette nouvelle approche de l’automobile.

    En 2022, Renault sortira son premier modèle « autonome ». Il faudra donc occuper le conducteur… Bingo, le Groupe Renault a donc le temps de révolutionner Challenges pour devenir une référence du secteur. Dépêchons-nous, Tesla est en négociations avec Universal Pictures pour un projet équivalent. Et pour mettre Challenges au niveau d’Universal, chaque jour compte…

    Bon, et la Renault en une du numéro de la semaine ? Je suis convaincu que la rédaction a appris l’arrivée de Renault dans le capital du groupe bien après le choix de cette couverture. D’ailleurs, le groupe de presse qui aurait un actionnaire un peu trop actif au sein d’une rédaction aurait un avenir assez sombre.

    Certains me traiteront de naïf… Si j’avais dit l’inverse, j’aurais eu autant de mépris de la part d’une autre frange de la population. Mais, dans les faits, Carlos Ghosn n’a pas demandé d’avoir Symbioz Concept devant une BMW et une Mercedes. Pourtant, il a fallu se justifier. Dans un communiqué, la société des journalistes de Challenges met déjà le doute dans les esprits : « cette concomitance nuit gravement à l’image du journal, même si les journalistes auteurs du dossier affirment avoir pu travailler en toute indépendance ».

    Du côté de l’actionnariat, on botte en touche dans Libé : « Je ne lis jamais les articles qui concernent l’industrie automobile », répond Carlos Ghosn. Et « depuis cinquante ans que je fais des journaux, personne n’a pu me dire que je n’étais pas indépendant », se défend Perdriel.

    Tiens, Carlos Ghosn considère que Renault n’a aucune compétence dans les médias, mais il ne lit jamais ce qui concerne l’automobile ? Il ne lira donc pas la production de Challenges dans sa Renault en 2022. Vous pouvez donc désormais parier sur le prochain investissement de Renault destiné à ceux qui ne liront pas de magazines économiques, scientifiques ou historiques. J’ai cru entendre que Phildar pourrait devenir une option…

  • Williams F1 sur Netflix

    Williams F1 sur Netflix

    Actuellement sur nos écrans, Netflix nous propose un sacré documentaire. 1h44 au cœur de l’équipe de Grove, avec différents points de vue. On commence par un léger quotidien avec l’équipe tout d’abord, puis vient rapidement le point de vue de Claire Williams aujourd’hui à la tête de écrue de F1 son père, Frank Williams.

    Car il ne s’agit pas là de l’histoire de l’équipe Williams Grand Prix, non. Il s’agit là du récit de la vie de Franck Williams, son fondateur. Une vie de sacrifice, de travail, d’abnégation. La vision d’un homme, ses décisions, ses choix, ses étapes. Sans oublier son dramatique accident de 1987, non loin du circuit du Castellet. La raison d’un tas de souffrance.

    L’histoire Williams commence alors que Frank n’est qu’un pilote amateur, qui bricole et monte des voitures de course, tout en étant pilote lui même. Il commencera par une Austin A35. Puis vient la fondation de Frank Williams Racing Cars Ltd, avec laquelle il entretient et reconstruit des Brabham F2 et F3. Vient la F1 en 1969, avec sa propre écurie, jusqu’à aujourd’hui. Une histoire humaine, haute en couleurs, faite de hauts et de bas. Un témoignage complet, avec Frank Williams lui-même, ses amis, ses proches, ses enfants et l’omniprésence de Virginia Williams, l’épouse de Frank Williams et maman de Claire, à la tête du team.

    Un documentaire sensible, profond, émouvant, passionnant. En plus, Williams est sponsorisée par Martini Racing. J’ai des lubies parfois.

    C’est Claire comme de l’eau de roche !